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Mohamed Amra sera extrait de sa cellule pour être interrogé : les syndicats pénitentiaires fulminent... |
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Après son évasion en mai 2024, Mohamed Amra a été arrêté en Roumanie, le 22 février 2025. © OCTAV GANEA/Archives AFP
Mohamed Amra devrait provisoirement quitter la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) « la semaine prochaine » pour être interrogé par des juges d’instruction, à Paris. Mais cette décision ne passe pas du tout auprès des syndicats pénitentiaires, lesquels rappellent le drame qui était survenu avec la mort de deux de leurs collègues lors de la dernière extraction d’Amra, en mai 2024.
Mohamed Amra va être extrait de sa cellule de la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, tout prochainement, « la semaine prochaine » normalement. Et ce, pour être interrogé par les juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé, au tribunal de Paris.
Cette information, c’est l’avocat du narcotrafiquant, Me Lucas Montagnier, qui l’a lui-même confirmée ce mardi 3 juin 2025 à l’AFP, tout en refusant de donner la date précise. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, l’a aussi évoquée sur TF1 ce mardi soir. Cette extraction se fera dans des «conditions de sécurité tout à fait hors normes, qui vont permettre que le juge d’instruction puisse entendre Mohamed Amra», a-t-il précisé.
Et c’est peu dire que cette décision ne passe pas auprès des syndicats pénitentiaires. Car c’est lors d’une précédente extraction de Mohamed Amra, déjà détenu pour d’autres affaires judiciaires, que deux agents pénitentiaires, Fabrice Moello, 52 ans, et Arnaud Garcia, 34 ans, ont perdu la vie, le 14 mai 2024, au péage d’Incarville (Eure), et que trois autres ont été grièvement blessés.
« Le magistrat aurait très bien pu se déplacer »
« Nous sommes outrés et scandalisés de cette extraction judiciaire », a réagi auprès de l’AFP Wilfried Fonck, secrétaire national Ufap Unsa Justice, déplorant que le « principe du recours à la visioconférence » soit « bafoué ». Et le même de poursuivre : « Si l’on peut comprendre les nécessités de l’instruction et de la présence physique de l’individu, le magistrat aurait très bien pu se déplacer sur son lieu d’incarcération. C’est incompréhensible et inadmissible envers nos collègues morts et blessés à Incarville. »
Pour rappel, 38 personnes, dont Mohamed Amra, sont mises en examen dans le dossier tentaculaire de son évasion de mai 2024, qui a mobilisé des moyens policiers et judiciaires exceptionnels.