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Monts-sur-Orne. Un projet de cinq éoliennes à Montgaroult, entre Argentan et Putanges... |
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Gilles Mallet, maire de Monts-sur-Orne (en pull rouge) a exposé au conseil municipal les paramètres du projet éolien. © Ouest-France
Dans les cartons depuis 2012, le projet de parc éolien de Montgaroult, le long de la R15 Argentan-Putanges refait surface. Il a été présenté au conseil municipal de Monts-sur-Orne, jeudi 19 janvier 2023.
Un ancien projet refait surface
Même s’il a été remis au goût du jour jeudi 19 janvier 2023 lors du conseil municipal de Mont-sur-Orne (Goulet, Sentilly et Montgaroult réunis depuis 2018), le parc éolien des Hauts Vaudois est un projet qui a une certaine ancienneté, puisque son premier mat de mesure a été planté en 2006. Une autorisation administrative a été accordée en janvier 2013, avec une validation définitive du Conseil d’État (la plus haute juridiction administrative en France) en 2017. En décembre 2019, la validité des permis de construire et des autorisations a été prolongée, restant valable jusqu’en décembre 2026.

Le nouveau projet ne comporte plus que cinq éoliennes. Ouest-France
Le nouveau projet diffère-t-il de l’ancien ?
L’ancien projet comportait onze éoliennes, d’une hauteur de 90 m en bout de pales, développant chacune 1,3 mégawatt (MW) pour une puissance totale de 14,3 MW. L’ensemble était situé de part et d’autre de la RD 15 (axe Argentan-Putanges) à Montgaroult et Sentilly, aux lieux-dits Les Hauts-Vaudois, La Huche et Les Monts.
Pour le nouveau projet, désormais piloté par EDF Renouvelables (EDFR), les parcelles sont les mêmes. Mais il ne comporte plus que cinq éoliennes, plus grandes (120 m en bout de pales) et plus puissantes (3 MW) pour un total de 15 MW, « de quoi alimenter en électricité verte 7 500 foyers, soit 40 % des habitants d’Argentan Intercom » souligne EDFR.
Lire aussi : Éoliennes, notre dossier pour mieux comprendre les enjeux et obstacles de cette énergie dans l’Orne
Quel est le calendrier envisagé ?
Actuellement à l’instruction par les services de l’État, le projet pourrait obtenir un arrêté préfectoral complémentaire en juin 2023, avec un lancement du chantier lors du premier semestre 2024 et une mise en service un an plus tard. « C’est très serré ! » souligne un conseiller municipal. « C’est vrai, mais EDFR s’appuie sur les données calquées lors du premier projet, ils ne partent pas de zéro », résume le maire, Gilles Mallet.
Quelles retombées financières ?
Construit, le parc éolien rapporterait des sous aux propriétaires des parcelles, ainsi que 155 000 € par an aux collectivités : 50 000 € pour le Département, 77 500 € pour Argentan Intercom et 26 500 € pour la commune, mais des discussions sont en cours avec la CDC pour un peu plus de retombées financières pour la commune.
Qu’en pense le conseil municipal ?
Un très intéressant débat de 45 minutes a animé la réunion. Au sein du conseil, qui n’a pas encore délibéré, certaines interrogations, voire des craintes ont été formulées (pollution visuelle, dépréciation des terres ou/et des maisons). « Avec les quatre éoliennes de Moulins qui se montent, notre projet et l’éventuel parc d’Occagnes (trois éoliennes de 165 m, mise en service espérée en 2026), il y a le risque d’être cerné… » souligne un élu. Le maire entend l’argument. Il souligne que l’éventuel accord du conseil à EDFR sera donné « une fois que les élus auront toutes les informations (voies d’accès, conditions financières supplémentaires possibles) ». Et, ajoute Gilles Mallet, « il faudrait surtout que les maires du territoire adoptent une charte commune, pour éviter des éoliennes partout… »