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Municipales à Bordeaux : Hurmic, Cazenave, Poutou, Dessertine… Qui sont les principaux candidats ?... |
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La façade de l’Hôtel de ville de Bordeaux (Gironde). © MARTIN NODA/Hans Lucas via AFP
Le maire sortant Pierre Hurmic a officiellement déclaré être candidat à sa réélection à Bordeaux (Gironde). Face à lui, Thomas Cazenave, député Renaissance et tête de liste d’une union des partis de droite et du centre. Va-t-il détrôner son opposant écologiste dans cette ville qui penche traditionnellement à droite ? À moins que l’économiste Philippe Dessertine ne tire son épingle du jeu ? On vous présente les principaux candidats à la mairie de Bordeaux pour 2026.
Après 73 ans de règne de la droite, l’écologiste Pierre Hurmic avait créé la surprise en remportant les élections municipales à Bordeaux (Gironde), en 2020. Début janvier, il a officialisé sa candidature à sa réélection, lors du scrutin prévu les 15 et 22 mars 2026. Saura-t-il de nouveau convaincre les Bordelais de lui confier les rênes de la neuvième ville de France, qui compte près de 268 000 habitants ?
Face à lui, le député Renaissance Thomas Cazenave fait figure de principal opposant depuis le décès soudain de Nicolas Florian, membre des Républicains et successeur d’Alain Juppé, en janvier 2025.
L’économiste Philippe Dessertine, officiellement déclaré candidat depuis la mi-septembre 2025, vient par ailleurs concurrencer les deux figures majeures de ces élections.
Qui réussira à recueillir le plus de voix ? On fait le point sur les candidats déclarés aux municipales 2026 à Bordeaux, après la date limite de dépôt des candidatures, le 26 février.
Lire aussi : Tous les résultats des élections municipales à découvrir sur Ouest-France
Pierre Hurmic, maire sortant issu des Écologistes
Il avait créé la surprise en remportant de peu les élections municipales de 2020 face au maire sortant Nicolas Florian (Les Républicains), éphémère dauphin d’Alain Juppé. Pierre Hurmic offrait ainsi une belle percée aux écologistes alors que la droite et le centre s’étaient divisés au premier tour du scrutin. Six ans après, parviendra-t-il à réitérer l’exploit dans cette ville historiquement dirigée par la droite ?
L’homme de 70 ans, avocat de profession, a officiellement déclaré briguer un second mandat le 9 janvier. Dans son discours de candidature, Pierre Hurmic a estimé avoir « honoré » le changement voulu par les Bordelais qui l’ont élu en 2020, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). « La ville est devenue plus vivante, plus solidaire et l’une des mieux préparées, en Europe, au changement climatique », s’est félicité l’élu, dont l’objectif est de « poursuivre » le travail pendant un mandat de plus.
Comme en 2020, la liste de Pierre Hurmic est soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste et Génération-s.

Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, membre du parti Les Écologistes, candidat à sa réélection aux municipales de 2026. PHILIPPE LOPEZ/AFP
Thomas Cazenave, macroniste et principal opposant du maire sortant
Pour faire face à l’élu vert, et pour ne pas réitérer l’erreur commise en 2020, l’opposition de droite a uni ses forces autour du député Renaissance Thomas Cazenave. Même la présidente du Parti radical Nathalie Delattre, ex-ministre macroniste, qui s’était pourtant déclarée candidate en mai 2025, a fini par s’effacer derrière Thomas Cazenave. Sa liste rassemble donc Les Républicains, Horizons, le MoDem, le Parti radical, l’UDI, les Centristes et l’Alliance centriste.
Ancien délégué interministériel dans le gouvernement d’Edouard Philippe, puis ministre délégué dans celui d’Élisabeth Borne, Thomas Cazenave est un macroniste de la première heure.
Le député place la sécurité en tête de ses priorités, alors qu’il dépeint une ville devenue, selon lui, plus dangereuse qu’avant, mais aussi plus sale et plus embouteillée. L’énarque défend « un nouvel élan » nécessaire pour Bordeaux, pour répondre à des défis comme le vieillissement de la population, les difficultés de déplacement ou encore le changement climatique.

Thomas Cazenave, candidat Renaissance à la mairie de Bordeaux en 2026. ARTHUR N. ORCHARD/Hans Lucas via AFP
Philippe Dessertine, candidat sans étiquette issu de la société civile
S’il était jusqu’à présent davantage sur les plateaux télé parisiens que dans les rues bordelaises, l’économiste Philippe Dessertine est pourtant bel et bien candidat à la mairie. À 62 ans, le Bordelais a présenté sa candidature, issue de la société civile, à la mi-septembre 2025.
L’universitaire, qui enseigne à Paris, récuse toute étiquette politique et a d’ailleurs affirmé devant la presse : « Je ne me place pas sur l’échiquier, je ne suis d’aucun parti », comme le rapportent nos confrères d’ Ici Gironde . Malgré tout, il vient concurrencer la liste de Thomas Cazenave, puisque ses idées le placent plutôt au centre droit de l’échiquier politique.
Philippe Dessertine ambitionne de faire de Bordeaux « la ville la plus sûre de France », comme il l’écrit dans son programme. Il souhaite également favoriser l’attractivité de la ville, mais aussi la rendre plus accessible et plus propre.

L’économiste Philippe Dessertine, candidat sans étiquette à la mairie de Bordeaux, en 2026. Photo distribuée par l’équipe de campagne de Philippe Dessertine
Nordine Raymond, candidat insoumis
Le début de la campagne des municipales a été particulièrement mouvementé pour Nordine Raymond, tête de liste de La France insoumise. Après l’annonce de sa candidature, en novembre 2025, l’homme de 34 ans a été victime de cyberharcèlement raciste sur les réseaux sociaux. Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, ainsi que des organisations politiques et associatives locales ont immédiatement condamné ces actes et apporté leur soutien à Nordine Raymond.
Le candidat LFI avait, en mai 2025, appelé à l’union de la gauche en vue des municipales de 2026, dans une liste regroupant aussi bien les Écologistes que le Nouveau parti anticapitaliste de Philippe Poutou. Sans parvenir à convaincre, Nordine Raymond porte donc une liste exclusivement composée d’Insoumis et appelle « les citoyens à s’unir pour constituer une liste d’Union populaire afin de faire de Bordeaux une ville qui protège réellement ses habitants », comme indiqué dans son programme.
Nordine Raymond souhaite faire de Bordeaux « une ville inclusive et solidaire », et rendre les transports en commun gratuits.
Philippe Poutou, tête de liste anticapitaliste
Ancien candidat à l’élection présidentielle, Philippe Poutou a officiellement déclaré sa candidature à la mairie de Bordeaux début décembre 2025, avec la liste Rouge Bordeaux anticapitaliste. Faute d’accord avec La France insoumise, Philippe Poutou fait cavalier seul dans cette course à l’élection, alors qu’il avait conduit la liste d’union de l’extrême gauche au second tour, en 2020.
L’élu dit ainsi vouloir « porter une voix alternative, bousculer l’institution et porter les vrais sujets », en mettant au premier plan la lutte contre les discriminations et les inégalités.

Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste à la mairie de Bordeaux en 2026. MARTIN NODA/Hans Lucas via AFP
Virginie Bonthoux Tournay, la candidate Reconquête !
« Il n’y a aucune vraie candidature de droite et c’est ce qui m’a décidée à me présenter », a déclaré Virginie Bonthoux Tournay en juin 2025, lorsqu’elle a annoncé se lancer dans la course aux municipales à Bordeaux, chez nos confrères du Figaro . La cheffe d’entreprise de 49 ans se présente pour empêcher « une nouvelle victoire de Pierre Hurmic ».
La candidate Reconquête ! a qualifié le bilan du maire sortant de « catastrophique, tant sur le plan de la sécurité que sur celui de l’écologie punitive ». La référente régionale de Parents vigilants - une association créée par Éric Zemmour et dont l’objectif est de lutter contre une prétendue soumission des écoliers aux idéologies woke et gauchiste - entend incarner « une droite clairement assumée ».
Parmi ses objectifs : renforcer la sécurité et la tranquillité publique, améliorer la mobilité dans la ville, ou encore créer de nouveaux espaces verts.
Julie Rechagneux, la députée européenne tête de liste Rassemblement national
À tout juste 30 ans, Julie Rechagneux est tête de liste Rassemblement national aux municipales de 2026. La députée européenne, originaire de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), a officiellement déclaré sa candidature à Bordeaux en mai 2025.
Julie Rechagneux est engagée pour le parti d’extrême droite depuis 2013. Elle figurait déjà sur la liste Front national conduite par son père à Clermont-Ferrand.
Lors de la présentation de son programme, Julie Rechagneux a mis l’accent sur trois axes principaux : protection, ambition et tradition, comme le rapporte Ici Gironde . Son slogan, « Remettre Bordeaux en ordre », affiche d’ailleurs clairement sa volonté de renforcer la sécurité dans la ville, « principale problématique » pour les Bordelais, selon elle. Pour ce faire, la candidate RN propose « d’armer l’intégralité de la police municipale ».
Peu connue du grand public, Julie Rechagneux a tout de même fait parler d’elle ces dernières semaines, après la révélation d’une enquête menée par Les Jours , selon laquelle elle aurait rejoint un groupe Facebook où sont régulièrement échangés des messages racistes et antisémites.

Julie Rechagneux, candidate Rassemblement national à la mairie de Bordeaux en 2026. JULIEN DE ROSA/AFP
Plusieurs autres candidats à gauche
Déjà candidat aux départementales de 2021 et aux législatives de 2022, Mehdi Saboulard a annoncé sa candidature le 18 janvier. Issu des quartiers populaires de Bordeaux, l’homme de 35 ans incarne une union de la gauche rassemblant la société civile, l’Union alternative et l’Union socialiste. Il souhaite incarner une politique de terrain et montrer que le socialisme n’est pas uniquement l’affaire du Parti socialiste, comme il l’explique dans son programme.
Déjà candidate en 2014 et en 2020, Fanny Quandalle conduit à nouveau une liste Lutte ouvrière cette année. Cette employée de La Poste, âgée de 53 ans, poursuit sa lutte contre le capitalisme, avec des idées révolutionnaires qui vont au-delà des enjeux locaux.
Parmi les autres candidats déclarés, figure Esteban Nadal, membre du Nouveau parti anticapitaliste-Révolutionnaires. Cet étudiant porte une liste nommée Bordeaux ouvrière & révolutionnaire. Toujours à l’extrême gauche de l’échiquier politique, l’étudiante infirmière Petra Bernus, membre de Révolution permanente, mène aussi une liste baptisée Arracher Bordeaux aux riches et aux spéculateurs.
Parmi les absents de cette campagne, le guide touristique Yves Simone, qui avait pourtant annoncé sa candidature en janvier dernier. Il avait été candidat indépendant en 2014 et en 2020, mais ne figure pas sur la liste officielle cette année. La Gilet jaune Myriam Eckert ne sera, elle non plus, finalement pas candidate.