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Normandie. Pourquoi l’équipementier auto Faurecia se sépare d’une centaine d’intérimaires... |
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Faurecia se sépare d'une centaine d'intérimaires sur son site de Caligny, près de Flers. © Archives Ouest-France, Stéphane Geufroi
En raison de la pénurie de semi-conducteurs qui touche les fabricants automobiles, le site ornais de l’équipementier Faurecia doit renoncer à embaucher plus d’une centaine d’intérimaires.
Ils occupent des postes dans le montage, le pré-assemblage, la logistique, le traitement thermique… Les quelque 100 à 120 intérimaires de l’équipementier automobile Faurecia de Caligny (Orne), qui compte environ 1 200 employés, ne seront plus rappelés pour une durée indéterminée. En cause : la pénurie de semi-conducteurs, composants électroniques indispensables à la fabrication des voitures modernes.
Cette crise touche tous les constructeurs automobiles, qui annulent leurs commandes auprès de leurs équipementiers. En temps normal, l’usine de Caligny produit 20 millions de mécanismes de sièges et 8 millions de glissières pour la filière automobile. « Sur certains produits, on est à -50 % de commandes, annonce Cyril Jousselin, secrétaire du CSE et membre de Force ouvrière. La baisse est tellement importante qu’on n’a pas d’autre choix que de sortir les effectifs intérimaires et de faire du chômage partiel pour les salariés. »
Des annulations quotidiennes
Ces intérimaires, qui viennent de tout le bassin flérien, sont invités à chercher du travail ailleurs. « C’est malheureux, mais on n’a pas le choix, estime Philippe Dotte, membre du CSE et délégué syndical FO. On a des intérimaires très bien formés qui vont trouver ailleurs. Le volume est moindre depuis le début de la semaine dernière et ce vendredi 17 septembre 2021, par exemple, il y aura des RTT collectives pour les salariés et l’usine sera fermée. »
Une situation instable dont il est impossible de prédire la durée, car les fabricants automobiles sont eux-mêmes au chômage technique. « On a très peu de visibilité, c’est quasiment impossible d’organiser la semaine, car les annulations tombent au jour le jour, dit Cyril Jousselin. Contrairement à une crise économique dont on comprend les mécanismes, cette crise est complètement inédite. »
Une « faible visibilité »
Contactée, la direction de Faurecia France n’a pas fourni d’informations chiffrées, mais assure « prendre des mesures afin de nous adapter à la situation actuelle concernant les semi-conducteurs. Nous souffrons à ce jour d’une faible visibilité mais nous espérons un retour à une situation plus positive, dans le courant du premier semestre 2022 ».
« On va refaire du détachement, pour protéger les emplois, assure le secrétaire du CSE, qui rappelle que le site de Caligny a créé des dizaines d’emplois et ouvert deux chaînes de production en début d’année pour construire les sièges du futur. On prospecte actuellement auprès des entreprises locales pour voir si des salariés peuvent travailler momentanément chez eux. » Un appel à la solidarité déjà mis en œuvre lors de la crise Covid-19 en 2020.