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Orne. Chez Bohin, fin de saison touristique morose, mais on se pique d’espoir... |
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Lors du vernissage de l’exposition « Aymeric François, couturier d’épingles », en 2017, une belle effervescence dans la salle du deuxième étage de la Manufacture Bohin. © Archives Ouest-France
Avec seulement 3 300 visites cette année, la Manufacture d’aiguilles de Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne), près de L’Aigle, a clôturé la saison sans se plaindre. Mais la prochaine pourrait être compliquée.
À Saint-Sulpice-sur-Risle (Orne), la Manufacture Bohin, accolée à l’usine de production d’aiguilles, a vu sa saison touristique très entamée par la crise du coronavirus. Entretien avec Audrey Régnier, sa directrice.
Quels sont les chiffres après la fermeture annuelle il y a deux semaines ?
À l’atelier de fabrication d’aiguilles, l’équipe de salariés est en chômage partiel, la situation évolue chaque jour, (aujourd’hui huit salariés ). Les commandes à l’international ne sont pas impactées par les confinements successifs, et ça marche bien, heureusement, mais en revanche en France c’est très mou !
Avec quelle exposition a pris fin la saison 2020 ?
À la réouverture, après le premier confinement, l’exposition de Leslie Lucas, artiste en peinture et broderie d’art, a été maintenue au deuxième étage. Cet accès à un petit bout de culture apparaissait indispensable à offrir à nos habitués mais compte tenu des annulations des visites de groupe, un condensé de l’exposition a finalement été réinstallé à la boutique, au rez-de-chaussée. Son travail magnifique mariant peinture, sculpture et broderie contemporaine a ravi les visiteurs, trop peu nombreux, bien sûr.
Savez-vous comment rebondir en 2021 ?
Avec seulement 3 300 visites comptabilisées, 2020 prend des allures de catastrophe ! On pouvait espérer entre 15 000 et 18 000 visiteurs au regard de la progression rapide et régulière depuis l’ouverture en 2014, notre carnet de réservations était bien rempli (caristes, restaurants), notre équipe était prête. Malgré cette situation saine depuis l’ouverture (équilibre budgétaire dès la première année) nous ne savons pas aujourd’hui quel sera l’avenir du parcours de visites à la Manufacture à la reprise après la trêve hivernale. La Communauté de communes (CDC), lors du premier confinement a annulé les loyers sur la période allant de mars à juillet. S’ajoutent bien entendu les loyers jusqu’à la fin de l’année que nous ne pouvons pas couvrir. Nous avons entamé une discussion avec la CDC et espérons trouver une solution et des fonds d’ici une quinzaine de jours. Le problème est que nous ne recevons aucune subvention de l’État, n’étant pas reconnus comme entreprise touristique (de même que les autres musées locaux). Le patrimoine vivant passe au deuxième plan dans la politique culturelle, et c’est dommage !
Peut-être avez-vous des raisons de rester optimiste ?
Oui, je ne suis pas défaitiste car nous avons des axes de réflexion avec la Région dans le cadre de l’agence de développement Normandie dont je fais partie. Des idées et une réflexion que nous espérons voir aboutir et j’espère, dévoilés d’ici la fin de l’année. Une année 2020 que la Manufacture, sera contente de voir s’achever.