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Orne. L’entreprise Tecnet donne sa chance à Arnaud... |
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Sandrine Lisotti et Guillaume Saintellier, cogérants de l’entreprise Tecnet entourent Arnaud Sanier qu’ils ont embauché en apprentissage. © Ouest-France
Arnaud Sanier, 20 ans, rêvait de travailler dans le secteur du nettoyage, malgré son handicap. Depuis le 1er juin, il est en contrat d’apprentissage et en formation.
« Tout le monde a sa chance. » Sandrine Lisotti, cogérante de l’entreprise Tecnet de Carrouges, a l’insertion chevillée au corps. Aussi, lorsque Nicolas Dreux, formateur à l’Agence de formation pour adultes Afpa, lui parle d’un jeune handicapé qui veut faire du nettoyage, elle décide de le rencontrer. Et le 1er juin 2021, Arnaud Sanier est entré en apprentissage dans cette société ornaise et en formation d’agent de propreté et d’hygiène à l’Afpa.
Quitter le Perche
« Ce qui m’a touché chez Arnaud, c’est qu’il voulait travailler dans ce domaine, c’était son projet. Il ne s’orientait pas vers ce métier pour payer ses factures », confie Sandrine Lisotti. Lorsqu’ils se rencontrent, Arnaud vit entre le domicile maternel à Longny-les-Villages et un institut médico-éducatif. « Cela a été un peu compliqué au début car il lui fallait quitter son cocon. »
« Comme je voulais qu’il travaille à Alençon, il fallait qu’il ait un logement sur place. » Un hébergement au foyer de jeunes travailleurs est trouvé, mais le jeune homme, qui rencontre des difficultés de repérage dans l’espace, doit s’entraîner à effectuer les trajets jusqu’à son travail et à l’Afpa. « Il a fait des essais avec ses éducateurs qui ont vu qu’il était débrouillard, continue Sandrine Lisotti. Il se déplace à vélo ou en bus. »
Dix mois importants
« Je l’ai positionné chez l’un de mes plus gros clients pour qu’il découvre le nettoyage des bureaux dans un premier temps, puis celui d’une usine avec l’utilisation de machines. » Trente-cinq heures par semaine, Arnaud est en alternance en formation ou au travail. La semaine dernière, bravant sa timidité, il a témoigné des vertus de l’apprentissage, devant une cinquantaine de personnes réunies à Alençon.
« Son contrat court jusqu’en mars 2022 et j’ai vraiment envie qu’il aille au bout de sa formation car il assimile bien. Après, on ne le laissera pas tomber, annonce Sandrine Lisotti. J’espère qu’on pourra l’intégrer dans l’entreprise. » Ancienne encadrante technique en insertion professionnelle, la cheffe d’entreprise aime tendre la main « à des profils qui sortent de l’ordinaire ».