|
Orne. La Roche d’Oëtre révèle ses secrets... |
4
En bas, dans les gorges, coule la rivière la Rouvre. © Ouest-France
Direction : la Suisse normande. Histoire, géologie, biodiversité, faune, flore… Il y a beaucoup à dire sur ce lieu touristique du Bocage, à quelques kilomètres de Flers. Après le Quiz consacré à La Roche d’Oëtre proposé sur notre site, il est temps de donner les réponses détaillées. Avec l’aide du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de l’Orne.
Après le Quiz proposé ce lundi 18 août sur le site de Ouest-France, il est de temps de vérifier si vous êtes incollable sur La Roche d’Oëtre. Immersion au cœur de la Suisse normande, en six questions.
Il y a plusieurs millions d’années, l’altitude dans la région était de...?
6 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Soit plus haut que le Mont-Blanc dans les Alpes, point culminant de l’Europe occidentale (4 809 m). La Roche d’Oëtre intègre le massif armoricain. Celui-ci faisait autrefois partie d’une chaîne de montagnes vertigineuse, la chaîne Hercynienne, formée notamment par l’activité tectonique, qui atteignait de tels sommets il y a… 300 millions d’années.
Quel phénomène naturel a transformé le paysage ?
L’érosion. Le granite et le poudingue, qui composent le sol, n’ont pas la même résistance au contact de l’eau : « Les ères glacières ont commencé il y a deux millions d’années, retrace Valérie Daumail, directrice adjointe du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE). Avec l’action du gel et à chaque fonte des neiges, le cours d’eau formé a emporté des petits morceaux de roche. »

Entre le haut du précipice et les gorges, le paysage est très marqué au niveau de la végétation. Ouest-France
L’érosion a « creusé le granite, plus fragile. Mais le poudingue a résisté. Cela explique la formation de l’escarpement de La Roche d’Oëtre. Et le paysage qu’on connaît aujourd’hui. »
Pourrait-on y trouver de la matière précieuse ?
Orpailleurs, passez votre chemin. En revanche, des moules (ou mulettes) perlières peuplent la Rouvre. Une variété qui produit parfois, comme son nom l’indique, des perles nacrées. Celles-ci servaient jadis à sertir les couronnes des rois de France.
Néanmoins, « il y a une chance sur mille pour en trouver une, prévient Valérie Daumail, en rappelant que sa population a beaucoup diminué depuis de nombreuses années. Elles ont du mal à se reproduire. L’espèce est protégée. Un programme est actuellement mené pour les réintroduire dans la Rouvre. »
Elle abrite une espèce animale un peu maniaque. Laquelle ?
D’autres animaux vivent dans ce site naturel protégé : chouettes effraies, chevreuils, sangliers… Mais aussi des blaireaux. Trapu et reconnaissable aux bandes noires qui longent son museau blanc, il vit en clan « dans ce qu’on appelle des villages », situe la directrice adjointe du CPIE de l’Orne.

De nombreux randonneurs découvrent la Suisse normande depuis le haut du précipice de La Roche d’Oëtre. Ouest-France
En contrebas du ravin, les blaireaux creusent des terriers qu’ils entretiennent méticuleusement : « Si l’entrée est nettoyée, c’est qu’il est occupé. Dans leurs appartements, on trouve plusieurs chambres, le sol est tapissé de feuilles, et plusieurs sorties sont aménagées. Et les toilettes sont à l’extérieur… » Sur le palier !
Entre ses hauteurs et ses gorges, la différence de végétation est marquée. Pourquoi ?
En haut, la végétation n’est pas très luxuriante malgré quelques arbres. Mais en regardant vers le bas, on aperçoit une épaisse forêt. Une différence qui s’explique par la composition des sols. En haut, le poudingue, « une roche très dure, offre peu d’épaisseur de sol. Au contraire, le granite (en contrebas, N.D.L.R.) est détruit par l’action de l’eau. Ce qui offre plus de profondeur, et permet aux arbres de pousser. »
Au sommet, on trouve malgré tout de nombreuses plantes qui ont su se développer malgré cet environnement inhospitalier. Comme le genêt à balais, l’ajonc ou encore les bruyères : « Leurs organismes se sont adaptés à la sécheresse, grâce à des stratégies pour conserver un maximum d’eau. Ou pour ne pas en perdre. »
À quoi fait penser la forme de son rocher principal ?
Non, il ne s’agit pas du célèbre Mont Rushmore, où ont été sculptés aux États-Unis quatre portraits d’anciens présidents. Ni la femme couchée, fameuse montagne de l’île de la Martinique. En revanche, dans La Roche d’Oëtre, les touristes viennent observer « le profil humain », taillé naturellement dans la roche. On le distingue par son front, son nez et ses yeux qui semblent plissés. Et enfin son sourire,se terminant « par une petite moue ».

La Roche d’Oëtre est connue pour l’un de ses rochers, dans lequel est naturellement creusé un « profil humain ». Ouest-France