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Orne. Quel bilan pour l’association De l’Orne aux grandes écoles ?... |
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Margaux Françoise, d’Alençon, et Izabel Gardan, d’Athis-Val-de-Rouvre, lors du forum des métiers de Flers pour présenter « De l’Orne aux grandes écoles ». © DR
Lancée il y a un an et demi, l’association de l’Orne aux grandes écoles, qui veut réduire les inégalités liées au territoire dans l’accès aux études supérieures, a déjà formé une vingtaine de binômes entre lycées et élèves de grandes écoles.
L’association De l’Orne aux grandes écoles n’a pas encore fêté ses deux ans qu’elle affiche déjà un beau bilan. Pour faciliter l’accès des jeunes ornais aux grandes écoles (Sciences Po, Saint-Cyr, Polytechnique, l’École nationale supérieure…), douze adhérents et une quarantaine de bénévoles mènent des actions dans les lycéens. « Les adhérents viennent surtout d’Alençon, il y en a moins dans l’Ouest du département », indique Izabel Gardan, une des fondatrices de l’association, originaire d’Athis-Val-de-Rouvre (dont elle est conseillère municipale).
Et surtout : vingt binômes de mentorat ont été formés entre lycéens ornais et élèves ou anciennes élèves des grandes écoles qu’ils souhaitent intégrer. « Les lycéens et lycéennes peuvent nous contacter et on les met en relation avec quelqu’un de l’association, poursuit Izabel Gardan. Ancienne élève de Sciences Po Paris, je fais du mentorat avec une élève du lycée Alain d’Alençon. »
Constituer des dossiers, relire les lettres de motivation
En théorie, rien n’empêche un ou une bachelière, avec un bon niveau scolaire, d’accéder aux grandes écoles, où est formée la future élite du pays. En réalité, le chemin est plus ardu pour les élèves issus du monde rural. Au niveau national, l’association Des territoires aux grandes écoles (DTGE), constituée en 2017, a identifié trois freins : la censure personnelle (« on n’appartient pas à ce milieu, pourquoi serait-on légitime ? »), la difficulté d’avoir des informations et les coûts financiers liés à la vie dans les grandes villes – généralement en région parisienne.
Près de 44 initiatives locales ont vu le jour, dont celle de l’Orne pour tenter de diminuer ces freins. « Dans les mentorats, les anciens élèves aident à constituer les dossiers pour accéder aux grandes écoles, relisent les lettres de motivation, donnent des conseils, orientent… » et donnent accès à leur réseau d’anciens élèves. « Une élève de Flers souhaite suite un cursus en aéronautique. Personne dans l’association ornaise ne l’a fait, mais je suis en train de voir si c’est possible de la mettre en relation avec un ancien élève de la région de Toulouse. »
Une bourse de 6 000 €
De quoi résorber les deux premières difficultés – la censure et le manque d’informations – mais pas encore la partie financière. « D’ici à 2023, nous aimerions mettre en place une bourse pour remédier à l’éloignement. Elle est à hauteur de 6 000 €, accompagnée d’un tutorat sur deux ans par les membres de l’association. Cela s’est déjà fait dans d’autres associations départementales. » Un soutien financier qui permettrait de commencer des études supérieures sans le stress du logement trop éloigné ou peu adapté à la grande charge de travail qui attend les élèves des grandes écoles.
De l’Orne aux grandes écoles : www.delorneauxgrandesecoles.fr ou par mail orne@dtge.org. Reconnue d’intérêt public, les dons pour cette association sont défiscalisés.