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Plus de pains ni de gâteaux à Damigny en septembre ?... |
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Gourmandises et chocolats, la boulangerie-pâtisserie située rue Principale. © Ouest-France
Le rideau de Gourmandises et chocolats se baissera définitivement au 1er septembre 2024, à Damigny (Orne). Le couple de commerçants se plaint notamment des charges et de la hausse du coût des matières premières.
Florian Goupillot et Sandra Lefrou, les créateurs de Gourmandises et chocolats, fermeront la dernière boulangerie-pâtisserie de Damigny (Orne) au 1er septembre, après six ans au service des habitants. Ils avaient repris le commerce en août 2018.
Le boulanger affiche clairement son  ras-le-bolÂ
de  travailler sans compter ses heures, pour payer des charges pour l’Urssaf, sans pouvoir se tirer un salaire »,
même minimal, lâche-t-il. Et pourtant son épouse travaille bénévolement. L’artisan pointe tout d’abord la flambée des prix.
Ainsi, en novembre,  la plaque de 360 œufs a bondi de 38 € à 70 €, le kg de sucre de 0,70 € à 1,30 €Â
. Des coûts qui ont quasiment doublé ! La farine a été moins impactée, seulement une majoration de 0,10 € le kilo. À cela s’ajoute le coût de l’électricité dont le tarif a également doublé. Ces hausses n’ont pas été répercutées sur le prix du pain ou des pâtisseries qui n’ont connu qu’une majoration de 0,05 à 0,10 €.
De moins en moins de commerces
À côté de cela, l’artisan pointe la localisation défavorable de la boulangerie, et l’installation des bornes sécurisant les pourtours du commerce qui freinent, selon lui, le flux des clients. Et puis, ajoute-t-il  plus de pharmacie, plus de boucher, bientôt plus de buraliste à Damigny, les habitants se tournent vers AlençonÂ
, regrette-t-il.
Le couple, des pâtissiers de formation qui avaient misé sur leurs créations, sort dépité que les  clients n’ont pas joué le jeuÂ
. Des gâteaux perdus. Un appel à l’aide non entendu. Et, ironie du calendrier, lors du premier tour des législatives, les clients sont venus en nombre à la sortie des bureaux de vote tout proches.
Un dépôt de pain dans l’épicerie ?
Florian Goupillot n’imagine pas de repreneur au 1er septembre, compte tenu de ces conditions, aggravées par  l’insalubrité du logementÂ
, couvert de salpêtre. L’état de la location a même déclenché de l’asthme chez ses enfants, c’est pourquoi le couple a dû louer un deuxième appartement. Ces passionnés de pâtisserie rêvent d’une vie meilleure dans laquelle  ils pourront enfin partager Noël et Pâques avec leurs cinq enfantsÂ
.
Parallèlement, Florian Jarry recherche un nouveau partenaire pour maintenir un dépôt de pain, à Damigny, dans l’épicerie multiservice qu’il gère. Un challenge important.