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Près d’Argentan. Une querelle de voisinage termine devant le tribunal... |
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Trois jeunes femmes de 19, 24 et 27 ans ont comparu devant le tribunal d’Argentan pour des faits de violence, mardi 8 septembre 2020. © Archives Ouest-France
Disputes, cheveux tirés, coup de parasol… Un couple et leur ancienne voisine d’un quartier de Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe ont comparu, mardi 8 septembre 2020, devant le tribunal correctionnel d’Argentan pour des faits de violence.
Prévenues ou victimes ? La présidente du tribunal correctionnel d’Argentan avait de quoi s’emmêler les pinceaux, mardi 8 septembre 2020. Devant la cour, trois jeunes femmes d’une vingtaine d’années, impliquées dans deux dossiers, étaient présentées. Deux d’entre elles formaient un couple au moment des faits. Elles étaient voisines de la troisième protagoniste, à Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe.
Alcoolisée et énervée
La première scène se déroule le 11 mai 2020. Vers 22 h, la plus jeune des prévenues appelle sa voisine : sa compagne, alcoolisée, vient de prendre sa moto. Elle lui demande son aide pour partir à sa recherche.
« Vous étiez de toute évidence énervée », remarque la présidente du tribunal, Juliane Lochus, les yeux rivés sur la motarde. Car dans un geste de colère, une fois retrouvée, celle-ci pousse son engin sur la jambe de la voisine, causant un jour d’ITT (Incapacité totale de travail). « J’étais énervée, oui, j’ai balancé la moto, mais en aucun cas je ne voulais blesser », jure-t-elle.
Épisode de « tirage de cheveux »
La deuxième altercation se déroule le 28 juin. Dans ce dossier, la voisine du couple est à la fois prévenue et victime.
Ce soir-là , cette dernière rentre chez elle et constate de nombreuses dégradations sur sa voiture. Elle soupçonne ses voisines, qui reconnaissent rapidement les faits.
Une première altercation éclate entre deux des prévenues, « un épisode de tirage de cheveux, si le tribunal peut s’exprimer en ces termes », décrit la présidente. La jeune femme mise en cause dans le premier dossier s’en mêle. Elle vient défendre sa compagne, qui s’empoigne avec celle dont elles ont dégradé le véhicule. Elle lui assène un coup de manche de parasol à la main, qui lui vaut deux jours d’ITT.
Cinq mentions au casier judiciaire
« Je reconnais les faits », admet une nouvelle fois la prévenue de 24 ans, dont le casier judiciaire fait déjà état de cinq condamnations.
Son ex-compagne, pas encore 20 ans, n’a jamais eu affaire à la justice. Idem pour la troisième protagoniste, 27 ans et mère de trois enfants. « Elle a pris l’initiative de déménager et a retrouvé une vie paisible, annonce l’avocate de cette dernière. Mais reste une vraie difficulté : la voiture. » Un devis détaillé, réclamé par l’assurance, fait état de plus de 4 000 € de dégâts. « Ma cliente n’a pas les moyens de la réparer, elle doit se faire conduire partout. »
Des « enfantillages »
Pour le procureur, Sébastien Chesneau, « il s’agit d’enfantillages ». « Des gens qui se tirent les cheveux, un véhicule dégradé pour rien… C’est complètement idiot », sermonne-t-il.
Pour la « plus impliquée », il requiert seize mois d’emprisonnement, dont dix avec sursis. À l’encontre de son ex-compagne, il demande deux mois d’emprisonnement avec sursis et 200 € d’amende. Pour la troisième, à la fois victime et prévenue, Sébastien Chesneau réclame 200 € d’amende.
« Ma cliente n’est pas fière de ce débordement, elle connaît la valeur de l’argent », défend l’avocate de la plus jeune. « Ma cliente n’a pas fait parler d’elle depuis quelques mois, ça prouve sa bonne foi », défend le conseil de l’autre. Le tribunal la condamne à douze mois de prison, dont six avec sursis, et à 200 € d’amende.
L’ex compagne est condamnée à deux mois de prison avec sursis et 200 € d’amende. La mère de famille à 200 € d’amende.