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Puff : cinq raisons d’interdire cette cigarette électronique jetable, très populaire chez les ados... |
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Une cigarette électronique jetable. Photo d’illustration © Inside-studio / Getty Images/iStockphoto
Avec leurs couleurs variées et leurs parfums acidulés, les Puffs connaissent un vrai succès auprès des adolescents. Elles apparaissent pourtant comme un véritable fléau sanitaire et environnemental, raisons pour lesquelles L’Alliance contre le tabac et plusieurs parlementaires réclament ce jeudi 25 mai 2023 à l’Assemblée nationale leur interdiction. Voici cinq arguments qui leur donnent raison.
Accusée d’être une porte d’entrée dans l’addiction, elle est déjà interdite dans plusieurs pays européens. Avec leurs couleurs variées et leurs parfums acidulés, les cigarettes électroniques jetables de type Puff connaissent un vrai succès auprès des collégiens et lycéens français. À ce titre, L’Alliance contre le tabac et plusieurs parlementaires se sont réunis ce jeudi 25 mai 2023 à l’Assemblée nationale pour réclamer de nouveau leur interdiction.
Voici cinq arguments qui tendent à leur donner raison.
1. Un gadget avec de la nicotine
La Puff (« bouffée » en anglais) a été créée aux États-Unis en 2019 par deux Californiens et a fait son entrée sur le marché français en 2021 notamment grâce aux réseaux sociaux. Fabriquées en Chine, ces vapoteuses jetables ne nécessitent aucun réglage et délivrent, après allumage, un nombre limité de bouffées (entre 300 et 600), jusqu’à l’épuisement de leur e-liquide qui peut contenir de la nicotine.
Parfois achetées à moindre coût sur Internet, certaines Puffs contiendraient une concentration en nicotine bien supérieure à celle maximale autorisée qui est de l’ordre de 20 mg/ml. En présence de nicotine, ce produit du tabac représente un vrai danger en termes d’addiction des adolescents, chez qui la maturité cérébrale n’est pas atteinte. En son absence, elle représente aussi un danger avec une addiction au geste rendue par l’effet de mode.
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2. Un produit d’appel vers le tabagisme
Avec ses nombreux parfums acidulés (pomme, vanille, barbe à papa…) et son marketing flashy, les Puffs séduisent principalement un jeune public qui dépense entre 8 et 10 € pour s’en procurer. Ainsi, selon un sondage réalisé pour L’Alliance contre le tabac en 2022, plus d’un ado sur 10 âgés de 13 ans à 16 ans a indiqué avoir déjà utilisé une Puff, alors même que la vente de ce produit est censée être interdite aux mineurs.
Interrogées à Rennes début mai, ces deux lycéennes en ont déjà acheté à plusieurs reprises : « C’est un peu addictif car c’est assez bon et comme il n’y a pas énormément de nicotine dedans, on se dit que ce n’est pas spécialement très grave ! » En l’absence d’objectif de sevrage et en raison de l’impossibilité de décroître son taux de nicotine, de nombreux médecins et associations considèrent ce produit comme une porte d’entrée vers le tabagisme.
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3. Très peu de contrôle à l’achat
Depuis 2016, la loi française impose aux buralistes de contrôler l’âge de tous les clients pour l’achat de produits du tabac. Pourtant, d’après une étude du Comité national contre le tabagisme (CNCT) menée en mars 2022, 64 % des buralistes français acceptent encore de vendre du tabac aux mineurs. Dans les bureaux de tabac, « on ne nous demande pratiquement jamais nos cartes d’identité », nous a confirmé Bastien en mai dernier, un lycéen rennais qui assure en avoir acheté plusieurs fois.
Acheter une Puff n’a donc rien de compliqué et Il est possible d’en trouver sur les sites spécialisés, sur les réseaux sociaux ou encore en grande surface.
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4. Un véritable fléau environnemental
Les Puffs représentent également un vrai danger pour la planète. « D’un point de vue environnemental, c’est déplorable », expliquait à Ouest-France en 2022 le président de France Vapotage, Vincent Durieux. Composées principalement de matières plastiques et d’une batterie au lithium – un composant nocif pour l’environnement s’il n’est pas correctement recyclé – ces cigarettes électroniques jetables sont trop souvent jetées à la poubelle par les adolescents alors qu’elles devraient faire l’objet d’une collecte spéciale. « C’est un des sujets de France Vapotage pour avoir un produit écoconçu et trouver des solutions de retraitement de ces cigarettes », avait reconnu Vincent Durieux.
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5. Un produit interdit dans d’autres pays
En Europe, certains pays comme l’Allemagne, la Belgique, ou l’Irlande ont déjà interdit ces Puffs. Face à ce phénomène qualifié de préoccupant en France, le ministre de la Santé François Braun s’est dit « tout à fait favorable à une interdiction des Puffs dans le cadre du prochain Programme national de lutte contre le tabagisme (PNLT) 2023-2027 ». « Il va également travailler avec les parlementaires et les associations mobilisées sur le sujet », a souligné jeudi son cabinet auprès de l’AFP.
Par ailleurs, une proposition de loi d’interdiction de ces produits déposée par la députée écologiste des Hauts-de-Seine, Francesca Pasquini, rassemble à ce jour 63 signataires dans huit groupes politiques. « Avec ce soutien, nous avons bon espoir d’y parvenir d’ici la fin de l’année », a avancé ce jeudi Francesca Pasquini lors d’un point presse à l’Assemblée nationale. La députée espère désormais une inscription à l’ordre du jour dans l’Hémicycle pour qu’elle puisse être débattue en séance en octobre ou novembre, cela afin que ces Puffs soient officiellement prohibées d’ici la fin de l’année.