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Rattrapé par les dossiers de l’affaire Epstein, Jack Lang sur la sellette à l’Institut du monde arabe... |
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Jack Lang préside l’Institut du monde arabe, à Paris, depuis 2013. © Michel Euler /AFP
L’ancien ministre de la Culture est convoqué dimanche au ministère des affaires étrangères pour l’expliquer sur ses liens avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Plusieurs figures politiques réclament sa démission de l’Institut du monde arabe.
Jack Lang est sur la sellette. L’ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand, 86 ans, est attendu dimanche au ministère des Affaires étrangères. Convoqué par Matignon, il devra s’expliquer sur ses liens avec le multimillionnaire américain Jeffrey Epstein… Rattrapé par la publication de trois millions de documents par le ministère américain de la Justice.
Les noms du créateur de la fête de la Musique, ainsi que celui de sa fille Caroline, apparaissent dans les dossiers, révélant des liens amicaux et pécuniaires avec le financier américain, qui s’est suicidé en détention en 2019 dans l’attente d’un procès pour trafic de mineurs.Je suis blanc comme neige
, s’est-il défendu, sur France 2, mercredi, assurant qu’il ignorait que Jeffrey Epstein avait été condamné dès 2008 pour avoir sollicité des prostituées mineures. Et qu’il n’aurait pas été ami
avec l’homme d’affaires, qu’il qualifie de cultivé
et passionné d’art, de culture
, s’il en avait eu connaissance.
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 : Jack Lang, ex-ministre de la Culture, se défend d’avoir eu connaissance de l’affaire Epstein
Une série de mails indiquent que l’ex-ministre et son épouse ont échangé en 2015 avec le financier américain à propos de l’achat d’un riad au Maroc, propriété d’un ami du couple, pour plus de cinq millions d’euros. J’étais simplement là , un messager, et basta
, a-t-il justifié sur RTL. Un projet éducatif intitulé Petit Prince
, objet d’échanges en 2013, interroge. L’enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités
, questionne par mail Jeffrey Epstein. Il est aussi fait mention d’un montage offshore aux îles Vierges, avec sa fille Caroline, en 2016, pour soutenir la création artistique, société dont elle démissionne en 2019.
Depuis ces révélations, les appels à la démission de Jack Lang, accroché depuis 2013 à la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, se multiplient. Le créateur de la fête de la Musique avait été reconduit en 2023, pour un mandat de trois ans, face à Jean-Yves Le Drian. À lui de juger, en fonction de sa conscience, de l’intérêt et des enjeux de l’institut
, confie à Ouest-France l’ancien ministre des Affaires étrangères. Jack Lang l’avait affirmé, en campagne pour sa réélection : Quand je suis quelque part, j’y suis pour l’éternité
. Au-delà de 2026 ?