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Résistant à 12 ans, Jean Le Houx enfin décoré... |
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Jean Le Houx (à gauche) et Yves Duprez après avoir reçu les insignes d'officier, respectivement de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite.
Le brigadier-chef Le Houx a été promu officier de la Légion d'honneur en marge de la journée nationale d'hommage aux morts d'Indochine qui avait lieu place De Gaulle, mercredi matin.
En 1944, Jean Le Houx a 12 ans et fait partie du maquis du Vercors. Capturé avec d'autres de ses compagnons par l'occupant nazi, il échappe de peu la mort grâce à son âge. « Mes amis et surtout mon beau-père n'ont pas eu cette chance, ils ont été fusillés sous mes yeux », se souvient-il avec émotion.
Blessé deux fois
Marqué par cette expérience douloureuse mais formatrice, il devance sa majorité et intègre les troupes coloniales en mars 1951. Orienté vers l'artillerie, le soldat Le Houx suit six mois d'entraînement avant de participer aux combats de Corée où il sera blessé deux fois. « Ce sont aujourd'hui des combats et des noms de batailles oubliés ou méconnus », soupire-t-il.
Après quelques mois passés en Allemagne, il se rend sur son deuxième champ de bataille, en Indochine cette fois. « Le souvenir de ces combats acharnés restera à jamais dans ma mémoire. »
À la fin de son contrat de cinq ans, Jean Le Houx retrouve la vie civile où il exerce de nombreux boulots, « chauffeur routier entre autres », avant de passer un concours pour entrer au ministère de la Défense. Affecté à l'Office national des anciens combattants, Jean Le Houx prendra sa retraite en 1993 à Alençon.
Décoré de la Croix de guerre, et déjà chevalier de la Légion d'honneur, c'est avec émotion qu'il a été élevé au grade d'officier, mercredi, en compagnie de son ami le lieutenant-colonel Yves Duprez qui a été fait officier de l'ordre national du Mérite.