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Saint-Paterne. Nord Sarthe Environnement s’oppose au projet d’extension d’une unité de méthanisation... |
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La cuve à Saint-Céneri-le-Gérei (Orne). © Ouest-France
L’association Nord Sarthe Environnement a émis un avis défavorable à la demande d’extension de l’unité de méthanisation située au lieu-dit La-Coudre, à Saint-Paterne (Sarthe), près d’Alençon (Orne). Elle trouve le projet surdimensionné et trop près de la rivière la Sarthe.
L’exploitation agricole SCEA de Cohon, à Saint-Paterne-Le Chevain (Nord-Sarthe) a mis en marche un méthaniseur en décembre 2019, au lieu-dit La-Coudre. Elle a demandé actuellement auprès de la préfecture de la Sarthe une autorisation pour l’extension de son unité de méthanisation et la création d’une fosse à Saint-Ceneri-le-Gérei (près d’Alençon, dans l’Orne) au lieu-dit Le-Gué-de-Moulin.
Jusqu’au jeudi 18 février 2021, le public peut formuler ses observations. Ce que n’a pas manqué de faire l’association Nord Sarthe Environnement (NSE), qui ne voit pas ce projet d’un très bon œil. Et ce pour quatre raisons : « Le projet ne vise pas la construction de nouveaux bâtiments mais une nette augmentation du volume de digestat… Cela semble signifier que l’unité a été d’emblée surdimensionnée [en 2019] de façon à pouvoir faire la présente demande sans avoir à repasser par la case permis de construire, qui aurait été plus difficile à obtenir dans le deuxième cas. »
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Un « projet financier et industriel »
Rémy Gillet, président de NSE, précise qu’il n’a pas d’animosité particulière envers les méthaniseur, « à condition qu’ils soient de taille humaine. Or les deux SCEA porteuses du projet ont acquis 557 hectares : c’est davantage un projet financier et industriel qu’agricole. » Avec ce corollaire que cela « risque de bloquer la plupart des projets d’installation de nouveaux agriculteurs dans le secteur ».
La fosse à Saint-Céneri fait doublement tiquer l’association environnementale : implanter à 150 m de la rivière La Sarthe une cuve de 2 500 m³ contenant le digestat liquide lui paraît « pour le moins risqué, côté pollution ». Sans compter que le projet évoque cette fosse qui « sera » construite, alors qu’elle l’est déjà depuis six mois. « On dirait que la charrue a été mise avant les bœufs », soupire Rémy Gillet.