|
Sainte-Scolasse-sur-Sarthe. La nouvelle pépinière d’entreprises pour les producteurs devient réalité... |
1
Jennifer Lacam a lancé une pépinière d’entreprises. © DR
Il y a trois ans, Jennifer Lacam a conçu un projet de pépinière d’entreprises, un laboratoire collectif pour les producteurs. Le but est de leur permettre de transformer leurs produits, les installations atteignant en général des prix impraticables pour les petites structures.
À Sainte-Scolasse-sur-Sarthe, la Communauté de communes (CDC) de la Vallée de la Haute Sarthe disposait d’un bâtiment et de la possibilité de recours à un fonds européen. « Nous avons partagé nos savoir-faire et choisi cet édifice, anciennement une usine à brioche, entièrement rénové par la CDC », indique Jennifer Lacam, à l’origine du projet de création d’un laboratoire collectif.
Deux cuisines
Sur quelque 1 000 m2, où une partie sera aménagée en bureau par la CDC, Jennifer Lacam développe son activité dans 350 m2. Sont ainsi créées deux cuisines équipées, avec four, batteur mélangeur, éplucheur, cutter, autoclave, etc., afin que les producteurs de viande, de lait, de volailles ou de matières premières puissent les transformer.
Une troisième cuisine sera destinée à la location pour des particuliers. « Ils pourront y préparer de grands repas, pour les mariages ou les cousinades. La cuisine est également entièrement équipée : four, frigo, batteurs mélangeurs, casseroles saladiers, tout le nécessaire. » Les machines ont été installées lundi.
Partager les frais
« Ce bâtiment a été pensé en premier lieu pour les producteurs de la région, car on manque de lieux de transformation. Ils en ont besoin pour ne pas perdre de l’espace dans leur exploitation ni d’argent, avance Jennifer Lacam. Lorsqu’on transforme dans son exploitation, il y a une perte électrique. Et on ne peut pas le louer à un autre producteur. Notre but est de pouvoir partager un bâtiment, l’électricité, le froid pour que chacun puisse économiser au maximum. »
Se crée ainsi un lien entre les producteurs, lesquels peuvent également mutualiser tout ce qui est emballages, nettoyage, des tâches qu’on ne mutualise pas dans son propre labo. « Ce lieu a également vocation à faciliter la transformation, ou à créer l’envie de transformer, pour permettre à nos agriculteurs de rester dans l’Orne. »
Le coût
Plus on loue longtemps, moins ce sera cher. Le prix de l’électricité ayant augmenté, la fourchette de prix est située entre 40 € et 45 € de l’heure. Deux laboratoires peuvent fonctionner en même temps. Dans un labo, un producteur peut travailler avec trois personnes sans risque de gêne. Au-delà, il faut également gérer la prescription sanitaire.
Pour Jennifer Lacam, il s’agit d’un investissement personnel en machines de 120 000 € HT et de 40 000 € pour les ustensiles. Les subventions ont concerné les travaux du bâtiment. Une seule subvention de la chambre d’agriculture, qui sera alliée au projet, prend en charge 20 % de ses machines, son entreprise n’existant pas ailleurs.
Des formations
La chambre d’agriculture entend créer des formations sanitaires ou la formation à l’autoclave, car cet outil exige un permis d’utilisation. Ce sera probablement début février. Il manque trois producteurs pour ouvrir cette session. Les agriculteurs pourront bénéficier des avantages de la certification Vivea.
Des ateliers de cuisine
Pour les particuliers, « je vais organiser des ateliers de cuisine, six personnes à chaque fois. Un atelier pour apprendre à faire des repas en avance sur un temps imparti. Par exemple quatre desserts pour quatre personnes en deux heures et demie. Des ateliers pour la confection de bûches et de repas de Noël sont également prévus, les menus du Jour de l’an chinois, le maki ou les soupes thaï. Le premier atelier sera les 16 et 17 décembre. »
Portes ouvertes au public, lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 décembre, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, dans la zone artisanale. Ouverture prévue après le 19. Courriel : jenniferlacam@gmail.com