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Saires-la-Verrerie. Il garde son château dans une atmosphère d’époque... |
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Peter Gabrielse, 86 ans, originaire des Pays-Bas, est propriétaire du château et également artiste. © Ouest-France
Installé depuis 2000 dans le château, Peter Gabrielse, passionné d’histoire, ouvre les portes de son domaine, samedi et dimanche, pour les Journées du patrimoine.
Patrimoine
Le long de la départementale, le château n’est pas visible. Ce n’est pas pour déplaire à son propriétaire Peter Gabrielse. Seule une pancarte, indiquant le lieu-dit le Château, laisse présager d’un beau domaine. Pour le découvrir, il faut traverser une longue allée d’arbres. Le château ouvre ses portes samedi et dimanche, lors des Journées du patrimoine, pour la deuxième fois. En 2010, 600 personnes étaient venues durant le week-end.
Un lieu hors du temps
Peter Gabrielse, artiste, vit dans ce château de 1727, date gravée sur la pierre au-dessus de la porte d’entrée, depuis 2000. Venu des Pays-Bas pour trouver de la tranquillité, l’homme de 86 ans a préservé ce lieu dans une atmosphère d’époque. Il ne jure que par les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.
« Lors de la Révolution, les révolutionnaires ont voulu brûler le château mais, avec le prêtre, il y a eu une discussion. Ils ne l’ont pas détruit, mais ont pris tout le mobilier et les documents et tout a été brûlé devant l’église de la commune », retrace l’énergique octogénaire.
« Il fallait un homme comme lui pour faire vivre ce lieu », lance Noëlle Lusseau-Poirier, restauratrice de textiles anciens, qui a restauré une grande tapisserie appartenant à Peter Gabrielse. Dans le salon, les peintures de style hollandais du XVIIe siècle cohabitent avec des faïences de Delft, du XVlIe siècle toujours.
Ici, tout a été savamment choisi. Chaque pièce de ce château de deux étages regorge de pépites. Peter Gabrielse, fils d’antiquaires, déniche des petits trésors dans des magasins d’antiquaires, des brocantes ou déballages dans toute la France. Des trouvailles de toute une vie.
Des œuvres d’art exposées
« Cette pièce, je ne l’ai pas touchée depuis mon arrivée. J’ai juste ajouté quelques objets. Je veux qu’on ressente l’atmosphère du lieu », poursuit-il, en montrant le rideau poussiéreux d’une des chambres.
Dans le domaine, en contrebas, parmi les onze bâtiments, il y a un pressoir à cidre de 1727, qui a été rénové. La façade en torchis est restée intacte, mais des vitres ont été posées et de l’ardoise a remplacé la terre battue au sol. On peut aussi visiter une stabulation du XIXe siècle, dont la majeure partie de l’impressionnante charpente est restée en l’état. « J’avais aménagé un terrain de squash, j’y jouais tout le temps », se souvient-il.
Côté végétation, Peter Gabrielse tond encore la pelouse. Mais pour le vaste jardin, il laisse la place aux professionnels. « J’ai deux jardiniers. Il y en a un qui taille d’une certaine manière les lierres deux fois par an, sinon ça pousse beaucoup. Il adore », détaille-t-il.
Scénographe et décorateur
Avant d’arriver dans l’Orne, Peter Gabrielse a d’abord été scénographe et décorateur pour la télévision néerlandaise dans les années 1960, avant de devenir artiste à plein temps. Il crée des œuvres d’art, des boîtes sculptures présentant des intérieurs miniatures, inspirés de décors de théâtre. « Il n’y a pas de personnage, c’est aux spectateurs de s’imaginer quelle pourrait être la pièce. »
Durant sa carrière, il expose à New York, Amsterdam, Bruxelles. Aujourd’hui, s’il a arrêté la production de nouvelles œuvres, il expose son art au rez-de-chaussée, à côté de son atelier et continue d’ajouter sa touche dans son château.
Samedi 16 et dimanche 17 septembre, de 10 h à 18 h. Visite libre du domaine. Lieu-dit le Château.