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Sarceaux. Le pain au levain de Nicolas fait croustiller le village... |
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Lors de sa première vente à Sarceaux, il ne restait plus que des petits pains à Nicolas Faure. © Ouest-France
Chaque mercredi, les pains de Nicolas Faure attirent les gourmands, place de la mairie. Le jeune paysan boulanger confectionne son pain bio à partir de farines locales et cuit au feu de bois.
Reportage
Mercredi 15 octobre, il est 18 h. Devant la mairie, sur sa table en bois, Nicolas Faure n’a plus grand-chose à vendre : quelques pains au lait, deux ou trois sablés, et c’est tout. « Je ne pensais pas que ça allait marcher comme ça ! » souffle-t-il avec un sourire incrédule. À 17 h, il avait sorti 20 kg de pain au levain de sa camionnette.
Le bouche-à-oreille a fait le reste : un flyer dans les boîtes aux lettres, un post Facebook partagé dans les groupes locaux, et le village a accouru. Et cela, même si on le retrouve déjà sur les marchés d’Argentan et de Montgaroult. « On a voulu venir voir, et c’est vraiment du bon pain ! » s’enthousiasme une cliente. L’engouement dépasse les attentes du jeune artisan, « même s’il faut voir sur la durée », tempère-t-il. « Le pain aux noix, bien cuit, c’est parfait avec le saucisson ! » confie, comme un secret, une cliente fidèle, en repartant avec son trésor sous le bras.
« Du champ au pain »
Nicolas est installé dans un local à Lougé-sur-Maire avec deux associés, Aurore Rousseaux et François Poulain. Ensemble, ils ont créé La Vie des champs. « Notre idée, c’est d’être autonomes, du champ au pain, explique Nicolas. Pour l’instant, notre blé vient de Domfront, mais l’an prochain, on cultivera le nôtre sur huit hectares près d’Écouché-les-Vallées et on fera toute la chaîne, du grain à la miche. »
Sous sa casquette en toile, Nicolas parle du levain comme d’un organisme vivant. « La baguette classique, c’est que des levures. Dans le levain, il y a aussi des bactéries qui travaillent lentement. Résultat : le pain est plus digeste, il se garde une semaine. » Son fameux pain aux noix fait fureur. On trouve aussi des pains complets, semi-complets, au petit épeautre, au sarrasin, ainsi que des pains au lait.
S’il a la main sûre, il sait à qui il la doit. « Je voulais transmettre », dit Patrick Bour, ancien boulanger de Montgaroult, qui l’a accompagné lors de son installation et qui est venu le voir à Sarceaux. « Après vingt-trois ans de métier, je ne pouvais pas dire à mes clients : débrouillez-vous pour trouver du pain. C’est pour cela que j’ai aidé Nicolas. »
Depuis deux semaines, le succès ne se dément pas à Sarceaux. « J’en fais deux fois plus, mais ça file pareil », sourit Nicolas. À 19 h, après la valse des voitures venues le voir, il remballe ses panières. « J’espère qu’on pourra trouver un local pour l’hiver », murmure-t-il.
À Sarceaux, on le sait déjà : mercredi prochain, il faudra venir tôt pour avoir ce qu’on veut.