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Sitcom d’Argentan : « La priorité, ça va être de produire moins de déchets »... |
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Pour le Sitcom, la priorité des prochaines années : réduire les déchets. © Archives Ouest-France
L’avenir du traitement des ordures ménagères est un sujet de préoccupation, pour le Sitcom de la région d’Argentan (Orne). Pour pallier aux coûts toujours plus importants et à l’absence de perspectives sur la création d’un nouveau site d’enfouissement, la seule possibilité est d’inciter les habitants à réduire drastiquement leur production de déchets.
L’avenir du traitement des ordures ménagères est un sujet de préoccupation, pour le Sitcom de la région d’Argentan (Orne). Pour pallier aux coûts toujours plus importants et à l’absence de perspectives sur la création d’un nouveau site d’enfouissement, la seule possibilité est d’inciter les habitants à réduire drastiquement leur production de déchets.
Que deviennent vos ordures ménagères ?
Historiquement, le Sitcom (Syndicat intercommunal de tri et de collecte des ordures ménagères) traitait ses déchets au centre d’enfouissement de Fel, qui a fermé en 2012. Depuis, les ordures ménagères sont envoyées au centre d’enfouissement des Ventes-de-Bourse, géré par Suez, entre Mortagne-au-Perche et Alençon. « L’enfouissement, c’est un choix par défaut, parce qu’il n’y a pas d’incinérateur à proximité, et les plus proches sont déjà saturés », indique Thomas Guillais, directeur du Sitcom de la région d’Argentan.

Thomas Guillais, directeur du Sitcom région d’Argentan. Ouest-France
Que fait-on, quand un centre d’enfouissement est plein ?
Un centre d’enfouissement a une durée de vie d’une vingtaine d’années. Problème : il existe de moins en moins de perspectives de créations de sites, en Normandie. « Les populations n’en veulent pas, et ça nécessite un gros investissement financier et de temps, ce qui n’incite pas les projets à éclore. On se retrouve donc dans des situations de pénurie. »
Résultat : les coûts de traitement deviennent de plus en plus importants, et la note particulièrement salée pour le petit syndicat ornais. Seule option pour essayer de gérer tout ça, produire moins de déchets. « D’une part en faisant de la prévention, et d’autre part, quand il y en a de produits, d’essayer que ce soit des déchets recyclables », souligne le directeur.
La Taxe générale sur les activités polluantes augmente chaque année, mais qu’est-ce que cela implique ?
L’augmentation de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), taxe écologique calculée sur les tonnages enfouis, grève très largement le budget du Sitcom. Cette année, elle passe de 260 000 à 427 000 € (augmentation de 18 à 30 € par tonne). La TGAP sera fixée à 40 € par tonne en 2022, et à 50 € en 2021. « L’objectif, c’est de rendre le traitement cher pour que les collectivités trouvent des solutions alternatives, explique Thomas Guillais. Notre rôle, ça va être de faire comprendre aux habitants qu’il est dans leur intérêt de produire moins de déchets parce que ce coût se répercutera sur tout le monde (via la taxe sur les ordures ménagères). Sur le territoire, les déchets produits par chacun ont un impact sur tous. »
Quand on a mal trié, peut-on espérer que nos déchets soient quand même valorisés ?
La réponse est simple, c’est non ! « À partir du moment où vous déposez votre sac d’ordures ménagères avec dedans un mélange divers et varié de déchets, il n’y a pas de recyclage possible », insiste Thomas Guillais.
Côté sacs et conteneurs jaunes, les consignes de tri ont été simplifiées en 2016. Vous ne devez y jeter que le papier et les emballages. Le verre est trié dans des conteneurs à part. Pour ces déchets valorisables, une étape supplémentaire intervient juste après la collecte : ils sont retriés, au centre du Mans.
Pour ces déchets, un mauvais tri réalisé par l’habitant pose d’autres problèmes. Les refus, c’est-à -dire les déchets non recyclables, sont facturés au Sitcom. « C’est un coût très important pour nous, note le directeur. D’autant plus en 2020 où on a vu la qualité du tri se dégrader. On a quasiment doublé les refus. » Chaussures, couches-culottes, et autres masques jetables n’ont rien à faire dans les bacs de tri sélectif !
Comment le Sitcom compte vous inciter à réduire vos déchets ?
Pour le Sitcom, l’enjeu passe par l’élaboration d’’un plan de prévention. Inciter les habitants à composter, encourager des pratiques de consommation vertueuses (éviter les bouteilles en plastique, par exemple), limiter le gaspillage alimentaire… Les objectifs sont nombreux.
Le plan, mis en place en partenariat avec les communautés de communes, passera par une dizaine d’actions, comme la distribution de guides pratiques pour apprendre à bien composter. « On va avant tout miser sur la communication via nos outils classiques, comme notre site, par exemple », précise Thomas Guillais.