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TÉMOIGNAGE. « J’ai assisté à la chute du Mur de Berlin » : ce conducteur ornais de cars a roulé pendant 37 ans... |
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Thierry Camus a terminé sa carrière comme conducteur de car Nomad, à Alençon. © Ouest-France
Thierry Camus, originaire d’Alençon (Orne), a conduit des cars pendant trente-sept ans. Sa carrière de conducteur s’achève le 1er janvier 2026. Il raconte son parcours pour transmettre ce métier à la nouvelle génération.
Ma vie, c’était le car.
Thierry Camus n’a que cinq minutes à nous accorder. La priorité est de boire un verre avec ses collègues conducteurs de l’Epic normand de transports publics routiers (ENTPR), à Alençon.
Le 1er janvier 2026, Thierry Camus prendra sa retraite. Il referme un chapitre de trente-sept ans de métier à barouder sur les routes d’Europe et de France. « J’ai commencé en 1987 à laver des autocars à Alençon, rembobine l’employé âgé de 61 ans. Mon rêve, c’était de conduire. J’ai commencé dans le secteur touristique. Mon premier grand voyage a été Paris - Djeddah, en Arabie saoudite ! »
« Au contact de l’humain »
Son plus beau souvenir reste son passage à Berlin, en novembre 1989, lors d’un voyage entre la France et la Pologne. « J’ai assisté en direct à la chute du Mur, se souvient Thierry Camus. C’était dingue. J’ai rapporté un bout chez moi. » Le conducteur poursuit sa carrière dans le transport régulier. Après une expérience peu convaincante de chauffeur poids lourds, il retourne dans les cars sous les couleurs du Département de l’Orne puis de la Région Normandie, terminus de sa carrière.
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« C’est un beau métier, assure le sexagénaire. On est au contact de l’humain en permanence. J’ai travaillé dans d’excellentes conditions avec de très bons collègues. » Ces dernières années, Thierry Camus était affecté à la formation des nouveaux embauchés à l’ENTPR.

Pascal Fourmont (à gauche), Luc Martin (au centre à droite de Bertrand Deniaud), Maurice Mathès et Thierry Camus prennent leur retraite après avoir travaillé au sein de l’ENTPR. Ouest-France
« On prospecte pour recruter »
Dans l’entreprise, Luc Martin, Maurice Mathès et Pascal Fourmont ont également fait valoir leurs droits à la retraite. En comptant Thierry Camus, nous perdons quatre personnes de qualité, très remarquées sur nos circuits qui ont su créer une relation de confiance avec les usagers
, observe Jean-Marie Vallet, le dirigeant de l’ENTPR. « Il faut souligner la qualité de ce boulot, prolonge Bertrand Deniaud, élu régional. Le conducteur de car, c’est la première personne à qui on confie ses enfants. »
Ces quatre départs seront comblés par trois embauches en février 2026. On prospecte pour recruter. Le métier n’est pas simple : on travaille le matin et le soir. Souvent, ce sont des personnes qui sont en recherche d’un complément d’activité qui viennent à l’Epic
, ajoute Bertrand Deniaud.
La retraite, Thierry Camus compte bien en profiter pour prendre du temps avec ses enfants, aller à la pêche et vadrouiller en Europe avec son épouse au volant de son camping-car. Il va prendre des kilomètres
, rigole cet amoureux de la route.