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Prostitution de mineurs : vers qui se tourner pour alerter et être aidé ?... |
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Des mineurs se retrouvent happés par la prostitution. Comment identifier les situations d’exploitation sexuelle ? Vers qui se tourner ? Ouest-France vous donne quelques clés pour savoir comment réagir. Photo d’illustration. © Archives Stéphane Geufroi, Ouest-France
Comme l’a relaté Ouest-France en janvier 2026, des mineurs se retrouvent happés par la prostitution. Cet article vous aide à identifier les situations de prostitution, vous explique vers qui se tourner et vous donne quelques clés pour savoir comment réagir.
La rédaction Ouest-France a consacré récemment une enquête à la prostitution chez des mineurs de l’agglomération caennaise. Si vous vous retrouvez confronté à ce genre de situation, voici quelques éléments qui permettront à la fois de bien identifier ces faits et savoir qui contacter.
La prostitution, c’est quoi ?
Un acte sexuel contre une rémunération. Pas forcément que de l’argent. « Ce peut être contre des objets de valeur, des vêtements, des cigarettes, ou pour bénéficier d’une protection si on vit dans la rue ou dans un squat », liste Agathe Pichon, coordinatrice du programme Prévention et accompagnement des personnes en situation de prostitution (Paps) à l’EPSM de Caen.
Une personne a-t-elle le droit de recourir aux services d’un ou une prostitué(e) mineur(e) ?
Non. En France, contrairement à la prostitution des majeurs, celle des mineurs est strictement illégale. Y recourir est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. La loi française considère que proposer son corps contre rémunération relève de l’exploitation sexuelle quand on est mineur(e). Un(e) jeune de moins de 18 ans est alors considéré comme victime.
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Comment réagir si je suis mineur et victime de prostitution ?
Rappelons d’abord que tout acte sexuel requiert un consentement. Quand on vous le propose en échange d’argent ou d’un bien, cela revient à de la prostitution, même si c’est un autre mineur qui vous le propose.
Si vous avez été forcé ou que vous n’avez pas réalisé aussitôt qu’il s’agissait de prostitution, parlez-en à une personne de confiance (famille, infirmière en établissement scolaire, éducateur en structure d’accueil…). Il existe un numéro vert national, le 119 (Enfance en danger) qui s’adresse aussi aux adolescents et dispose d’équipes dédiées à cette question.
En cas de danger immédiat, appelez le 17 (vous pouvez aussi envoyer un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler). Vous avez le droit de porter plainte, dans un commissariat ou une gendarmerie.
Vers qui me tourner si je constate une situation de prostitution chez un ou une mineur(e)Â ?
En premier lieu, alerter les adultes (familles, éducateurs) qui encadrent le ou la jeune concerné(e). Les services sociaux ou l’Éducation nationale disposent de canaux dédiés pour signaler ces cas à la justice. Si vous êtes démuni, appelez le 119 (voir ci-dessus) ou contacter le 17 en cas de danger immédiat.