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Une conférence sur l’histoire de la famille alençonnaise d’Édith Bonnem, victime du nazisme... |
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Édith Bonnem et ses deux frères, Rudolph et Berthold. © Collection Privée
La Société Historique et Archéologique de l’Orne propose une conférence intitulée « Édith et les siens, une famille ornaise victime de la Shoah », samedi 8 février 2025 à Alençon. L’histoire tragique de cette famille victime du nazisme.
Cette histoire, c’est celle d’une famille d’Alençon (Orne), mais aussi celle de millions de victimes de la barbarie nazie. La Société historique et archéologique de l’Orne propose une conférence le 8 février 2025 intitulée « Édith et les siens, une famille ornaise victime de la Shoah ». C’est le drame qui a frappé Édith Bonnem, arrêtée à l’âge de 15 ans le 13 juillet 1942 par les Allemands à Alençon, avec sa famille, puis enfermée au camp de Pithiviers. Déportée le 2 août vers Auschwitz, elle y est assassinée, probablement dès son arrivée.
Matthieu Le Goïc, attaché de conservation du patrimoine, responsable du bureau des publics et de l’action culturelle aux archives départementales de l’Orne, a enquêté sur la famille Bonnem. « Ça part d’une demande d’une classe du lycée Marguerite-de-Navarre, en 2014 », retrace-t-il. Mais à l’époque, « nous n’avions qu’une photo et le procès-verbal d’arrestation. »
« De deux documents à 2 500 pages »
Pourtant, « la famille était installée ici depuis 1936 », poursuit-il. « Ils avaient fui la Sarre, confisquée en 14-18 et récupérée par les Allemands par référendum à la suite de l’avènement d’Hitler. Ils ont acheté une maison à Alençon, payé des impôts… » Une vie administrative dont il reste forcément des traces pour ces apatrides. « Ils avaient ouvert un commerce de brocante rue Bourgeois », précise aussi Matthieu Le Goïc.
Il lance alors des recherches tous azimuts : « On est passés de deux documents à 2 500 pages pour documenter l’histoire de cette famille. J’ai retrouvé des choses aux archives départementales d’Alençon, sollicité la famille, le mémorial de la Shoah, les archives de Bad Arolsen, le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, le musée de l’holocauste de Washington… » Bref, un énorme travail qui a abouti à une exposition en 2023.
Parmi les très nombreux documents, « la famille m’a transmis le journal de la grand-mère, rédigé en allemand. Elle y décrit par exemple l’arrivée des gendarmes à la maison, pour l’arrestation d’Édith Bonnem. Des journaux comme celui-là, il en existe, mais dans l’Orne, je n’en connais pas d’autres. »
« 68 victimes dans le département »
Le 27 janvier 2025, c’était le 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. Onze membres de la famille d’Édith Bonnem sont décédées en camp, dont neuf à Auschwitz, et deux autres à Buchenwald et Sobibór. La première à avoir été assassinée est Édith. « C’est l’exemple tragique le plus parlant de l’Orne. En tout, soixante-huit victimes ont été dénombrées dans le département. Mais c’est peut-être plus. On pourrait écrire une histoire similaire pour chacune des autres familles. »
Conférence : Édith et les siens, une famille ornaise victime de la Shoah. Samedi 8 février 2025, à 14h30 salle Baudelaire, 11, rue Porchaine à Alençon ;