|
Victoires de la musique 2026 : à 91 ans, Nana Mouskouri sur scène pour un prix d’honneur... |
1
Nana Mouskouri, 91 ans, ici en 2024, recevra une Victoire d’honneur, ce vendredi, lors de la 41e cérémonie des Victoires de la musique. © dpa Picture-Alliance via AFP
Alors que Theodora part favorite de la cérémonie des Victoires de la musique, ce vendredi 13 février, une Victoire d’honneur sera remise à la chanteuse grecque francophile Nana Mouskouri, à l’immense carrière.
C’est un nom qui ne parlera pas aux plus jeunes. Nana Mouskouri est aujourd’hui une dame de 91 ans à la carrière fabuleuse, riche de plus de 1 500 chansons et de dizaines de millions d’albums vendus. De nationalité grecque, chantant en plusieurs langues, cette interprète au look immuable et à la voix claire a porté la chanson française dans le monde entier.
Star également en Allemagne, elle y connaît actuellement un regain de succès grâce à la série « Cassandra » qui diffuse l’un de ses vieux titres, « Guten Morgen Sonnenschein » (en version française, « Quand tu chantes »), relayé par les réseaux sociaux.
Dans les années 1960-1970, l’époque de ses tubes, Nana Mouskouri a côtoyé les plus grands artistes internationaux, de Maria Callas à Bob Dylan, devenant très amie avec Quincy Jones ou Harry Belafonte.
« Maintenant, je chantonne pour moi »
La reconnaissance des Victoires de la musique, ce vendredi soir, est donc justifiée… « Je suis très heureuse. Je n’oublie pas qu’au début des années 1960, alors que j’étais juste connue en Grèce, c’est le patron français de Philips qui m’a fait signer dans sa maison de disques, m’a fait venir en France d’où a démarré toute ma carrière internationale. On croyait même que j’étais Française. Alors, pour moi, cette Victoire, c’est un peu le couronnement de ma carrière. »
C’est au téléphone, la veille des Victoires, que nous recueillons son témoignage. Nana Mouskouri vient d’arriver à Paris pour quelques jours. Elle qui après avoir tant voyagé ne bouge plus trop de la Suisse où elle vit.
Sa carrière s’est arrêtée il y a quelques années avec le Covid-19 qui l’a amenée un mois à l’hôpital. « Maintenant, je chantonne pour moi, à la maison, je fais des exercices. Je rêve un jour de donner un dernier concert, parce que je suis optimiste. Mais si c’est pour mal le faire, c’est non. Je ne veux pas rendre triste le public. »
Dans son autobiographie, publiée il y a une dizaine d’années, la chanteuse confiait : « Le fait d’être originaire d’un pays bordé par la mer m’a apporté un timbre particulier. »
À cette évocation, on la sent sourire. « Vous savez, du côté de la Méditerranée, on commence à chanter à la maison, à une fête, en regardant la mer, l’eau qui coule, qui passe, et tout ça, nous donne de la nostalgie. Pour moi, la musique, c’est quelque chose de très tendre. »
Pour justifier son côté mélancolique, elle nous rappelle être une enfant de la guerre, qu’elle a vu son père partir et, « heureusement »,
revenir. Avant qu’il n’y aille, elle lui avait demandé ce qu’était la guerre. « Il ne répondait pas,
se souvient-elle. À son retour, il m’a expliqué qu’il me devait une réponse.
Il m’a alors dit :
 La guerre, c’est quand les gens ne s’aiment plus…
Et Nana Mouskouri d’avouer que cette réponse l’a poursuivie toute la vie. Donc, avec la chanson, j’ai cherché l’amour. Et ce qui est formidable, c’est qu’avec une chanson, on se met toujours d’accord, et le public aussi. Quand une chanson est triste, le public l’est aussi. C’est quelque chose que nous partageons. Voilà pourquoi chanter l’amour m’a rendue beaucoup plus heureuse, vous comprenez ?