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VIDÉO. Le club de karaté s’entraîne en extérieur au Mont de Cerisy, près de Flers... |
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Patrice Guillon (premier plan) entraîne les meilleurs de ses karatékas, chaque été depuis 1989. © Ouest-France
Pour ne pas perdre la main, les meilleurs karatékas du club de Flers, dans l’Orne, s’entraînent en extérieur, sur le Mont de Cerisy. L’environnement leur permet de continuer à s’améliorer.
« Le karaté c’est pour toute la vie ». Patrice Guillon, entraîneur au club de karaté de Flers, dans l’Orne, plante d’emblée le décor. Depuis 1989, chaque été, l’homme de 67 ans donne des cours de karaté sur le Mont de Cerisy aux meilleurs de ses karatékas, les mardis et vendredis, de 18 h 30 à 19 h 30. « Les arts martiaux, c’est pour la vie. Ces entraînements estivaux permettent de ne pas arrêter la pratique pour éviter que la reprise soit trop difficile », détaille l’entraîneur.
Si pour les autres années ce lieu d’entraînement était réservé à la période estivale, cette année, les karatékas du club de Flers ont foulé le sol du Mont de Cerisy dès le mois de janvier, par deux degrés. « On a joué de malchance entre le Covid-19, l’incendie du dojo ou encore les élections départementales et régionales pour lesquelles le dojo était réquisitionné », déplore-t-il. Peu importe, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, les karatékas s’adaptent à leur environnement, « ce qui améliore la capacité à faire abstraction des événements extérieurs et donc de concentration ».

Après la répétition des mouvements, place au combat avec cibles. Ouest-France
« La nature apporte un côté zen »
Ce mardi soir, ils sont six à avoir revêtu le kimono sur le tatami délimité par des plots jaunes dans l’herbe du Mont de Cerisy. Quatre hommes, deux femmes. Tous sont expérimentés et viennent pour entretenir leur condition physique et travailler leur technique. « C’est un sport où l’équilibre est très présent. Le terrain sur lequel on s’entraîne est irrégulier. Donc lorsqu’on arrive à avoir un bon équilibre ici, c’est plus facile ensuite sur un tatami », explique Yohann Guillaume, ceinture noire. « En plus, être au milieu de la nature apporte un côté zen à l’entraînement », ajoute Diana, elle aussi ceinture noire.
Ces entraînements ne permettent pas seulement d’améliorer la technique et la condition physique. Les karatékas doivent s’adapter à des conditions qu’ils n’ont pas l’habitude de rencontrer en temps normal. « On travaille sur l’herbe, il y a du vent, du bruit, l’espace n’est pas aussi bien délimité que dans le dojo et tout ça demande un effort de concentration », énumère Patrice Guillon.

Ce mardi soir d’août, six karatékas étaient présents au Mont de Cerisy. Deux femmes, quatre hommes. Ouest-France
Garder le lien et s’entraider
Après un moment d’échauffement en autonomie, ils enchaînent les répétitions de mouvements, appelés kata, sous les ordres de Patrice Guillon. Ils s’exercent ensuite en binôme. Chacun prend une cible dans les mains et fait travailler son coéquipier. « Le fait d’être en petit comité permet d’abord de garder le lien mais aussi de s’entraider pour corriger les petits défauts », rapporte Yohann Guillaume.