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« Alien : Earth » : l’ambitieuse superproduction Disney+, entre survivalisme et transhumanisme... |
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" Alien : Earth" © © FX
La franchise de science-fiction horrifique s’enrichit d’une nouvelle série. « Alien : Earth », créée par Noah Hawley, débarque ce mercredi 13 août 2025 sur Disney+. Un condensé de bonnes idées, pas toujours très bien équilibrées.
En 1979, le réalisateur Ridley Scott signait Alien : le huitième passager. Devenu monument de la science-fiction horrifique, et première pierre d’un univers qui deviendra prolifique. Sigourney Weaver, dans la peau du lieutenant Ellen Ripley, y incarnait une héroïne résolument moderne pour l’époque. Alien, le retour, Covenant, Prometheus ou encore, en 2024, Romulus  : neuf opus sont nés du monde d’Alien.
Pour la première fois, une série vient enrichir encore un peu plus cet univers. L’histoire d’ Alien : Earth se déroule en 2120, quelques années avant les faits du tout premier film. Sur Terre, les cyborgs (des humains « augmentés ») et les synthétiques (des androïdes à l’aspect humanoïde) côtoient la population, dans une société dirigée par plusieurs multinationales qui se partagent le pouvoir. Le crash, sur notre planète, d’un vaisseau transportant à son bord le célèbre Xénomorphe, rebat les cartes.
L’extraterrestre salivant aux dents acérées est ici entouré de nouvelles créatures à l’appétit tout aussi dévorant. Si certaines scènes gores à souhait rappellent le pur survivalisme d’horreur d’Alien, la série ne fait pas du monstre la star du show. On suit surtout les pas des tout premiers prototypes d’hybrides, des humains dont la conscience a été transférée dans un corps synthétique. D’autres thématiques, plus philosophies et existentielles sont ainsi explorées : le transhumanisme, l’intelligence artificielle, mais aussi la cupidité des grosses entreprises et leur soif de pouvoir.
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Soigné, mais presque trop dense
Pour son créateur Noah Hawley, c’est tout le sujet d’Alien : « Une humanité piégée entre le futur dicté par l’intelligence artificielle, et les monstres du passé ». Celui qui avait déjà adapté avec succès en série, en 2014, le long-métrage Fargo des frères Cohen, veut explorer drame, horreur, huis clos, critique sociale, dans ce préquel très soigné à l’ambitieux budget, avoisinant les 250 millions de dollars (un peu plus qu’Avatar).
Indéniablement riche et plein d’envies, Alien : Earth l’est peut-être même un peu trop. Dans les huit épisodes d’une heure chacun (nous avons pu en visionner six), flash-back, ellipses, passé implicite des nombreux personnages installent, lentement, une intrigue très dense, dans laquelle l’embarquement n’est pas immédiat.
« Je voulais créer ce drame humain, explorant les facettes de problématiques dans ce monde du futur, à travers la question de qu’est-ce que signifie être humain, et est-ce que l’humanité peut survivre à ses propres vices », explique Noah Hawley. Pour le réalisateur, « au-delà du divertissement, la science-fiction a une responsabilité de porter les sujets auxquels nous faisons face, et d’essayer d’envisager un futur où nous pouvons les résoudre. »
Huit épisodes, sur Disney+.