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« Pour des routes plus sûres et du respect », les Motards de l’Orne remettent les gaz et amorcent un virage au féminin... |
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Les membres de la fédération des motards en colère : au centre Michel Ducret coordinateur du collectif et à sa droite Virginie Desjouis, nouvelle secrétaire du bureau. © Ouest-France
Vendredi 6 février 2026, à la Maison des associations d’Argentan (Orne), la Fédération française des motards en colère de l’Orne (FFMC61) a acté son regain d’activité lors de son assemblée générale, avec une participation féminine de plus en plus affirmée.
Vendredi 6 février 2026, les moteurs étaient coupés mais l’énergie bien palpable. « Il y a deux ans, on se demandait si ça valait encore le coup d’être présent. Aujourd’hui, on avance », résume Michel Ducret, coordinateur de la Fédération française des motards en colère de l’Orne. Elle a retrouvé en 2025 une vraie dynamique sur le terrain avec plus de vingt-cinq membres actifs, mais aussi sur Facebook (deux mille abonnés) alors qu’elle ne comptait plus que neuf membres en 2021. « On n’est pas une bande de râleurs. On est des bénévoles qui veulent des routes plus sûres et du respect », insiste-t-il.
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Sur le terrain, la FFMC 61 joue son rôle de vigie : signalement de routes dégradées, interpellation des collectivités, dialogue avec les élus. « Quand un aménagement est dangereux, on le dit. Quand il faut expliquer, on explique », glisse un adhérent. L’opération « Tag ta route » à Argentan et le dossier des rails de sécurité sur la quatre voies de Flers ont marqué les esprits. « Ce qui devait être provisoire est devenu définitif. On ne pouvait pas laisser passer ça », rappelle un militant.
Une féminisation amorcée
L’association manie aussi l’ironie. Le « bonnet d’âne », décerné après une verbalisation jugée absurde pour une moto sans disque, a fait sourire… Mais surtout réfléchir. « Ce n’est pas une anecdote. C’est un vrai sujet sur la place des deux-roues en ville », tranche Michel Ducret. Un travail est engagé avec la mairie pour créer des stationnements dédiés aux deux-roues en centre-ville.

L’assemblée générale s’est déroulée à Argentan. Ouest-France
La FFMC 61, c’est aussi la solidarité : avec le relais Calmos en marge du Grand Prix de France moto au Mans, des balades caritatives (avec l’ESAT) , actions pour Octobre rose ou le Téléthon. « Accueillir les motards fatigués, récolter des fonds, donner un coup de main… Ça fait partie de notre ADN », explique Luc Jabraud coordinateur adjoint du bureau.
Sur les dossiers nationaux, le contrôle technique moto continue de cristalliser la colère, tout comme la vigilance sur les Zones à faibles émissions. En revanche, la légalisation encadrée de la circulation inter-files est saluée. « Ça apaise le trafic. Tout le monde y gagne », constate-t-on.
Enfin, la FFMC 61 veut casser les clichés. « Le vieux motard macho, ce n’est plus la réalité », sourit Michel Ducret. La féminisation devient un axe fort, avec le collectif Les Rid’Orn’Elles qui intègre la FFMC. L’assemblée s’est d’ailleurs conclue par la validation d’un bureau à huit membres (ils étaient trois en 2025), qui inclut trois femmes : Virginie Desjouis, Emmanuelle Ansel et Claudine Quellier. Une balade est prévue le 8 mars au profit des victimes de violences conjugales.