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« C’est un séisme » : dans l’Orne, les élus réagissent à la dissolution de l’Assemblée... |
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Les électeurs ont voté, ce dimanche 9 juin 2024, pour désigner les députés qui siégeront au parlement européen pendant les cinq prochaines années. © KEVIN GUYOT / OUEST-FRANCE
Ce dimanche 9 juin 2024, les électrices et électeurs des 27 pays de l’Union européenne étaient appelés aux urnes pour renouveler les élus du parlement européen. En France, la liste du Rassemblement national, menée par Jordan Bardella, sort largement en tête. Emmanuel Macron, a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives auront lieu, les 30 juin et 7 juillet. Dans l’Orne, les élus réagissent.
Les résultats des élections européennes ont été dévoilés, à 20 h, ce dimanche 9 juin 2024. Dans la foulée, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives auront lieu, les 30 juin et 7 juillet.
Élections européennes : suivez la soirée électorale dans notre direct du dimanche 9 juin 2024
Le RN en tête
Au niveau national, la liste du Rassemblement national, menée par Jordan Bardella, sort largement en tête, avec 31,5 % des voix. La liste de Reconquête !, conduite par Marion Maréchal, totalise, quant à elle, 5,5 % des votes. L’abstention, en baisse par rapport au scrutin de 2019, est estimée par Ipsos à 48,6 %. Il y a cinq ans, elle s’élevait à 49,88 %. La liste de la majorité présidentielle, menée par Valérie Hayer, arrive en deuxième position, avec 15,2 % des voix. Elle est suivie de celle du Parti socialiste, menée par Raphaël Glucksmann (14 %), de la liste La France insoumise de Manon Aubry (8,7 %), puis de celle des Républicains, menée par François-Xavier Bellamy (7,2 %).
Les résultats des élections européennes 2024
Les réactions des élus de l’Orne

Chantal Jourdan, députée PS de l’Orne, à la soirée électorale organisée à la préfecture de l’Orne, dimanche 9 juin 2024, à Alençon. Ouest-France
Dans l’Orne, les élus réagissent aux résultats du scrutin en France. La députée PS Chantal Jourdan s’inquiète de la montée de l’extrême droite : « Ça correspond aux projections. Nous sommes très inquiets de la montée de l’extrême droite. Il nous faut comprendre ce qui se passe, ça traduit une souffrance sociale d’une partie de la population, les gens n’arrivent plus à vivre de leur salaire. C’est un vote de sanction contre ce gouvernement. »
« Raphaël Glucksmann a su rassembler sur une proposition européenne en menant campagne sur l’intérêt de mener une politique européenne, jusque dans nos quartiers, poursuit la députée. Il faut une refondation de la gauche, qu’elle se reconstruise sur un projet clair en apportant des réponses concrètes à nos concitoyens. À la fois sur la question sociale, mais aussi pour faire face à la crise environnementale. »
Le sénateur Horizons Olivier Bitz
« Nous savions que cette élection serait difficile, pour la majorité présidentielle. Le président de la République a pris une décision courageuse qui consiste à redonner la parole aux Français, comment le sénateur de l’Orne Horizons Olivier Bitz. Ce sera à eux de choisir la majorité qu’ils souhaitent pour notre pays. Les élections européennes nous enseignent que cela se jouera entre le RN et l’actuelle majorité présidentielle. J’appelle au rassemblement le plus large pour construire une nouvelle majorité qui permette d’inscrire notre pays dans un projet européen et d’avenir. Évidemment qu’en tant que seul parlementaire de la majorité présidentielle, je prendrai toute ma part, avec tous ceux qui voudraient bien nous rejoindre, dans la campagne, dans tout le département, pour faire gagner ma famille politique. »
Le député LR Jérôme Nury
« Avec un taux de participation de plus de 50 % légèrement plus élevée qu’il y a 5 ans, ces élections ne sont plus boudées par les Français comme ce le fut durant de nombreuses années. Je veux remercier les Ornaises et les Ornais qui se sont déplacés dans les bureaux de vote dans les mêmes proportions que les Français et qui ont fait vivre la démocratie », se félicite Jérôme Nury, député Les Républicains de l’Orne.
« Dans la mesure où le scrutin se déroule sur un tour, les votes de contestation ont été privilégiés au détriment des votes de conviction et de raison. Nos concitoyens, notamment dans les territoires ruraux ont au travers des votes extrêmes, exprimé un ras-le-bol clair contre la politique nationale. Ils ont voulu sanctionner la politique du président de la République », analyse-t-il.
« Je me réjouis que François-Xavier Bellamy, candidat de la Droite et du Centre que nous soutenions avec Véronique Louwagie et Christophe de Balorre fasse de beaux scores dans certaines communes où son message a été entendu. Je pense à Tinchebray-Bocage, où il réalise un score bien supérieur à son score départemental et national, avec 27 % des exprimés. Je veux remercier chaleureusement les électrices et les électeurs qui ont fait confiance à notre candidat. On peut être fiers de son score », se félicite-t-il.
La députée LR Véronique Louwagie
C’est une décision (la dissolution NDLR) qui appartient au président de la République. J’entends qu’il prend acte du très mauvais résultat de la majorité présidentielle et qu’il veut donner une nouvelle orientation aux trois années à venir. Le délai est très court, ce ne sera pas une campagne ordinaire, mais je serai présente sur mon territoire, comme j’ai toujours pu le faire, pour défendre mes concitoyens.
Laurent Beauvais, PS, ancien président de la région Basse-Normandie
Le score de Glucksmann est celui qui était annoncé, il n’y a pas de surprise. La surprise c’est le fort résultat de l’extrême droite (RN et Maréchal- Zemmour) mais aussi le très faible score des Verts.
À titre personnel je suis content de voir que Claire Fita, qui a été secrétaire de la section du PS d’Argentan va probablement être élue députée européenne sur la liste de Gluksmann. Glucksmann a fait une très belle campagne, on va essayer de l’animer dans l’Orne et notamment à Argentan, même si les résultats d’Argentan me déçoivent beaucoup, notamment vu la faible participation (45 %), et du très haut score du RN (35 %) supérieur à son score national. »
Nicolas Ledentu, secrétaire départemental du Parti communiste
« Au niveau national, on savait que le vote de l’extrême droite allait être très fort. C’est un coup de semonce dans le pays, qu’il faut prendre très au sérieux. Il y a intérêt que la Macronie réagisse très fortement et qu’elle réponde aux problèmes du peuple. Car je ne pense pas que la France soit un pays de fachos mais il y a une grande colère qui s’est exprimée aujourd’hui avec le vote Bardella. Pour le PCF, même si on retrouve les chiffres d’il y a 5 ans on ne va pas dire que c’est un bon score. On sait que les Européennes sont une élection très difficile pour nous. »
Nathalie Goulet, sénatrice UDI
Ce n’est pas une surprise avec la démonetarisation de la parole publique. La montée du RN est une évidence que seul le gouvernement ne voulait pas voir. Le slogan faire barrage à l’extrême droite ne suffit pas, il faut agir et redonner confiance aux Français, et c’est une tâche difficile. Ces élections sonnent le glas du « en même temps ». Quant à la dissolution, elle va mettre les Français devant leur responsabilité ! Comme le gouvernement devant la réalité des législatives les 30 juin et 7 juillet.
Yves Goasdoué, maire de Flers
Flers est en France et la France vient de subir un séisme. Je ne tire aucune conclusion des résultats au niveau local. On a un phénomène national qui n’épargne pas Flers. On assiste là à un séisme. Le président a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale, je crois qu’on y verra plus clair à l’issue de ce scrutin-là. On peut quand même noter un effondrement, mais je crois que c’est la même chose dans tout le pays, du candidat Les Républicains, il n’a jamais fait un score aussi faible à Flers.
Nicolas Bouché, président de Renaissance Orne
Ce résultat est une très grande déception. Il est sans appel, notamment dans l’Orne. Le vote RN s’inscrit dans la durée. Certains Français se sentent abandonnés, par exemple sur les questions de l’accès aux soins. Des projets ont été lancés mais ils prendront du temps à se mettre en place. Je pense que le président a raison de redonner la parole aux Français, c’est la seule issue possible. Nous sommes combatifs, on va aller au-devant des Français et expliquer ce qu’on a fait, en tentant de répondre à leurs besoins, particulièrement dans les territoires. Il est normal qu’on redonne la parole aux Français, et on se soumettra à leur vote.
Frédéric Leveillé, maire (PS) d’Argentan
« À Argentan, il y a 55 % d’abstention. Le premier vainqueur de ce scrutin c’est l’abstention… Ce mécanisme abstentionniste aussi puissant fait bouger les lignes. S’ajoute à ça un éparpillement des voix lié au grand nombre de listes, 38, même si à Argentan seize d’entre elles n’ont pas eu une seule voix… Troisième conclusion, le résultat local est à l’image du national : cette campagne nationale a mis en avant l’extrême droite, en particulier Jordan Bardella à qui on a donné beaucoup d’importance. À force d’en parler et de considérer qu’il allait être devant, les gens l’ont fait. Ici à Argentan il est à 35 %, plus Marion Maréchal à 5 %, c’est 40 %. Tel qu’il a été mené, le débat n’a pas porté sur l’Europe, mais c’est un débat très nationalisé. Le gouvernement qui a voulu mettre en avant l’extrême droite en considérant que c’était son adversaire, l’a fait sortir de manière exponentielle. 40 % c’est énorme et surtout très inquiétant car ce n’est pas de cette façon là qu’on va faire avancer l’Europe ni la France. Globalement, la République est en danger et il faut à la fois la sauvegarder mais surtout la porter. Pour ça, il faut faire de la politique et la vision qui consiste à dire qu’il n’y a ni droite ni gauche est une vision qui permet de mettre en avant le seul adversaire qui existe, à savoir l’extrême droite. C’est un vrai questionnement que doivent avoir le Président de la république et son gouvernement car c’est leur résultat ! C’est très inquiétant par rapport à notre avenir collectif sur le territoire. »
Joaquim Pueyo, maire d’Alençon
« Compte tenu des résultats nationaux et du score de la majorité présidentielle, c’est une décision que nous pouvons comprendre. Le président de la République a tenu compte du vote des Français qui ont fait passer des messages très forts, pendant cette élection », confie le maire divers gauche (Fédération progressiste) d’Alençon, Joaquim Pueyo.
Christophe de Balorre : « C’est une grande surprise »
« C’est naturellement une grande surprise. Aussi, je prends acte de la décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale. C’est une vision Gaullienne de la Ve République et je ne peux lui en faire le reproche, commente Christophe de Balorre, président Le Républicain du conseil départemental de l’Orne. Maintenant, je vais rencontrer mes amis parlementaires de la majorité départementale, c’est-à-dire Jérôme Nury et Véronique Louwagie, ainsi que Jean-Claude Lenoir, ancien parlementaire, et nous ferons le point sur la situation ornaise dans les plus brefs délais afin d’envisager l’avenir. »