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« Ça a été un choc » : les salariés de Torbel à Tinchebray-Bocage, en grève après l’annonce de la fermeture des sites... |
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Les salariés du groupe Torbel à Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, ont commencé un mouvement de grève, ce mercredi 12 novembre 2025. © Ouest-France
Il y a quelques semaines, les soixante-sept salariés des trois sites de l’entreprise Torbel à Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, spécialisée dans la quincaillerie ont appris que les sites allaient fermer et que leurs emplois étaient menacés. Ce mercredi 12 novembre 2025, ils se sont tous mis en grève.
Ce mercredi 12 novembre 2025, certains salariés étaient présents dès 5 h 30 sur l’un des sites de l’entreprise Torbel à Tinchebray-Bocage pour faire grève. Ils ont ensuite été rejoints par la quasi intégralité des soixante-sept salariés des trois sites.
Le groupe Torbel a annoncé le 21 octobre 2025, la fermeture des sites de Tinchebray, en mars 2026. Un préavis de grève illimitée a été déposé, comme sur le site de Fougères (Ille-et-Vilaine).
« Un choc, une surprise totale »
L’entreprise est née de l’union de deux familles fabriquant à l’origine des outils agricoles : Mermier à Tinchebray en 1890 et Lemarchand à Frênes en 1895, spécialisés dans les outils de jardinage et dans la quincaillerie et a été rachetée par le groupe Torbel en 2017, après une vente au groupe Monin en 2012.

Le groupe Torbel a annoncé la fermeture des sites de Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, 67 emplois sont menacés. Ouest-France
Si la situation financière n’était pas au beau fixe, l’annonce de la fermeture des sites a été brutale pour les salariés. « On ne s’y attendait pas du tout, ça a été un choc, une surprise totale. Le patron nous l’a annoncé comme ça. C’était la surprise totale. D’autant qu’il y a pas mal de gens qui ont de l’ancienneté, les nuits ne sont pas sereines », retrace Laurent, 54 ans, employé depuis trente-deux ans. Alors pour la première fois, il fait la grève. La moyenne d’âge des salariés des trois sites est de 48 ans. « Quand on apprend ça, on ne réfléchit pas trop, on essaye d’encaisser et puis après il faut se projeter. La situation économique n’est pas top ici, à Forvia, c’est compliqué, dans d’autres entreprises aussi. On se demande qu’est-ce qu’on va faire ? », abonde Cédric, 46 ans, salarié depuis vingt-six ans dans la même entreprise. Quelques jours après l’annonce, il a fallu retourner dans les ateliers pour produire. « On a beaucoup d’activité en plus, c’est ça qui est surprenant », ajoute Jérôme 49 ans.
Les conditions du PSE en cours de négociation
Cette situation provoque l’incompréhension chez les salariés et les syndicats. Yannick Mauduit, représentant CFTC, mène avec ses collègues, les négociations du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Il est aussi salarié, depuis 1985, soit trente-huit ans d’ancienneté. « C’est une incompréhension totale, on nous dit on va fermer et derrière on doit aller travailler car il y a beaucoup d’activité. On est conscient des difficultés mais est-ce qu’il fallait aller jusqu’à la fermeture des sites ? », s’interroge-t-il.

Yannick Mauduit, représentant syndical CFTC des sites de Tinchebray-Bocage du groupe Torbel, dans l’Orne. Ouest-France
Avant de poursuivre : « Nous avons une entente avec la direction sur le volet retour à l’emploi. Il y a potentiellement des reclassements dans le groupe. » Les sites les plus proches sont situés à Chanu, à huit kilomètres de Tinchebray, et à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) à 150 kilomètres. Mais là où le bât blesse c’est sur l’indemnisation supra-légale. « Il n’y a pas d’ouverture de la part du groupe sur ces sommes, c’est pour cela qu’on a décidé de faire grève et montrer que nous avons le soutien de salariés. C’est important. »