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« Conserver nos urgences, c’est une question de vie ou de mort » : à Mamers 400 personnes mobilisées... |
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Plus de 400 personnes ont répondu à l’appel à la mobilisation. Au mégaphone, Frédéric Beauchef, maire de Mamers et président du conseil de surveillance de l’hôpital. © Ouest-France
Malgré la volte-face de la direction de l’hôpital de Mamers, en Sarthe, qui annule sa décision de fermeture temporaire, plus de 400 personnes sont venues montrer leur volonté de préserver ce service, ce mardi 23 novembre 2021.
« Conserver nos urgences, quand on vit loin d’une grande ville, ce n’est pas une question de confort, mais de vie ou de mort. » Maire et président du conseil de surveillance de l’hôpital de Mamers, Frédéric Beauchef s’est joint à la mobilisation pour le maintien du service des urgences de la commune du nord-Sarthe, ce mardi 23 novembre 2021. Elle a réuni plus de 400 personnes.
Le 23 novembre, c’est la date à partir de laquelle la direction du Chicam (centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers) a envisagé de fermer les urgences de Mamers la nuit, pendant une durée d’un mois. Motif invoqué : un manque de personnel. Les syndicats Force Ouvrière et la CGT avaient lancé un appel à la grève. Finalement, la direction a fait volte-face. Et annoncé, lundi 21 novembre, que les urgences resteraient finalement ouvertes 24 heures sur 24.
« Il faut se réveiller »
Insuffisant pour rassurer le personnel. « C’est nous qui avons trouvé des solutions, quand la direction ne parvenait pas à remplir les plannings, rappelle Liliane Anfray, représentante FO. Nous répondons présent pour soigner les gens. D’ailleurs fermer ici n’aurait fait qu’aggraver la situation à Alençon, où c’est déjà plein. Aujourd’hui, on laisse des patients de 90 ans sur un brancard, dans un couloir, pendant trois jours. Il faut se réveiller ! »
Pour les syndicats, il manque « entre 40 et 47 infirmiers et infirmières » tous services confondus, au Centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers pour revenir à la situation de mars 2020. « Beaucoup sont partis, témoigne Liliane Anfray. Nous sommes aussi mobilisés pour des conditions de travail moins difficiles et une meilleure prise en charge des patients. Moins nous sommes nombreux, plus c’est compliqué. »
Liliane Anfray rapporte que des infirmières travaillent déjà sur les deux sites. « Mais elles refusent de faire la navette en permanence. » Sur les douze infirmières des urgences de Mamers, « dix menacent de nous quitter si on les contraint d’aller travailler à Alençon ».
« La lumière restera allumée »
Ancien professionnel de santé à Mamers, Serge Lonton réactive le comité de soutien des usagers de l’hôpital, en sommeil depuis quelques années. Il dénonce une « politique de destruction du service public et de suppressions de lits depuis trente ans. Nous n’accepterons jamais la fermeture des urgences, la lumière restera allumée ! »

Le cortège s’est rendu à la sous-préfecture. Ouest-France
Parmi les nombreuses écharpes tricolores, celle de Gilles Leproust, maire d’Allonnes, près du Mans, venu appeler à « se faire entendre et obtenir des réponses tous ensemble. Car le manque de moyens chronique concerne tous les hôpitaux, même celui du Mans ».
Élus, personnels et usagers mamertins vont rester « vigilants » quant à l’avenir de leur service d’urgence. En particulier dans un contexte d’amplification de la 5e vague du Covid-19. « Avec seulement trois lits, nos urgences sont l’une des plus petites de la région, indique Frédéric Beauchef. Mais elles sont à notre échelle. Ce n’est pas parce que notre territoire est moins peuplé qu’on n’a pas le droit d’y être soigné. »
Une nouvelle mobilisation est programmée ce mercredi 24 novembre à 14 h, à Alençon.