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« Father, Mother, Sister Brother », le nouveau film de Jim Jarmusch, un Lion d’or sur trois pattes... |
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Vicky Krieps, Cate Blanchett et Charlotte Rampling dans le deuxième chapitre de "Father, Mother, Sister Brother". © Vogue Motion 2024
Avec « Father, Mother, Sister Brother », le réalisateur américain Jim Jarmusch signe un film en trois actes, beau mais bancal, qui a pourtant remporté Le lion d’or, consécration suprême du dernier Festival de Venise. Il sort ce mercredi 7 janvier 2026.
Au dernier Festival de Venise, la Mostra, chacun s’attendait à ce que le jury des longs-métrages en compétition fasse un choix politique en décernant son Lion d’or à « La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania. Et c’est finalement « Father, Mother, Sister Brother » de Jim Jarmusch, qui a été préféré au film de la réalisatrice tunisienne sur la mort d’une petite Palestinienne à Gaza.
Le Lion d’or 2025 est une œuvre « tranquille », comme l’a qualifiée son réalisateur après avoir exprimé sa surprise en allant chercher son prix. Tout est contenu dans le titre de son « anti-film d’action ». « Père, mère, sœur et frère » dans sa traduction française, se concentre en trois chapitres sur les relations de jeunes adultes avec leurs parents.
Le premier chapitre amène un frère et une sœur BCBG (Adam Driver et Mayim Bialik) chez leur père, dans son chalet enneigé du nord-est des États-Unis. Le musicien Tom Waits incarne ce roublard qui joue au veuf privé de ressources. Le second chapitre, qui se déroule à Dublin, réunit Charlotte Rampling, Cate Blanchett et Vicky Krieps, dans les rôles d’une écrivaine de best-sellers et de ses filles, au cours d’un thé annuel à l’ambiance glaciale. Le troisième met en scène à Paris des jumeaux d’une vingtaine d’années (Indya Moore et Luka Sabbat) après la disparition de leurs parents dans un accident d’avion.
Trois histoires que tout sépare, avec des répliques que l’on retrouve de l’une à l’autre, sans que l’on sache trop pourquoi et qui font tourner ce long film (1 h 52) à l’exercice de style. Certes, la photographie est belle, la bande originale (signée Jarmusch et Anika) aussi. La brochette de stars fait le job. On pourrait se laisser bercer par la mélancolie énigmatique du quatorzième film du réalisateur de Stranger than Paradise, Down By Law, Broken Flowers ou Paterson. Mais on le quitte sur la triste impression que tout cela est un peu vain.