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Flers Agglo. 3 300 km de haies bocagères protégées... |
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Protéger les haies pour protéger faune et flore, un enjeu compris de tous, y compris des agriculteurs. © Archives Ouest-France
Flers Agglo a voté jeudi soir la protection de 63 % des haies bocagères recensées sur son territoire. Leur suppression partielle ou totale sera désormais soumise à déclaration préalable.
Le conseil communautaire de Flers Agglo a adopté jeudi 10 octobre, à l’unanimité, le plan de protection des haies bocagères sur son territoire. Ce document, qui sera adossé au futur Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), précise la nature et la localisation des haies protégées. « Cela a été un travail énorme de classification
, a introduit Omar Ayad, vice-président de Flers Agglo chargé du développement durable et de l’environnement. 5 300 kilomètres de haies sont recensésÂ
. Il a fallu, après plusieurs allers-retours entre les communes et l’intercommunalité, caractériser chaque haie dans sa singularité. Le linéaire classé représente 63 % des haies recensées,  autour de 3 300 kmÂ
, a précisé Omar Ayad.
Les haies bocagères remplissent plusieurs fonctions essentielles pour l’homme et l’environnement : protection des maisons contre le vent et le ruissellement, protection des sols contre l’érosion, enrichissement de la biodiversité, production de bois… Elles constituent surtout l’ADN du bocage normand et un élément de distinction entre les parcelles.
« Pas une mesure stalinienne »
Concrètement, les haies protégées, identifiées au sens de la loi Paysage, ne pourront pas être détruites partiellement ou totalement sans déclaration préalable. Les exploitants ou propriétaires qui engageront une action dans ce sens devront en outre les compenser, en respectant la nature de chaque haie détruite. Est toutefois donnée libre la possibilité de tailler les haies ou couper les branches :  Ce n’est pas une mesure stalinienne…Â
, a commenté le président de Flers Agglo, Yves Goasdoué.
« Prendre exemple sur Flers Agglo »
La décision, issue du travail concerté en amont avec l’ensemble des partenaires institutionnels, dont la Chambre d’agriculture, ainsi que les particuliers et professionnels, est saluée par la présidente de la FDSEA, Anne-Marie Denis, partie prenante des discussions.  Il fallait qu’on laisse un peu de liberté pour encadrer les activités agricoles et ses évolutions, pour ne pas pénaliser les agriculteurs. Cela a été faitÂ
, s’est-elle réjouie, invitant même d’autres collectivités à élaborer leurs plans locaux d’urbanisme  en prenant exemple sur Flers AggloÂ
.
Dans la continuité de cette action de préservation, le conseil a décidé le lancement d’une opération groupée de plantation d’environ 10 km de haies bocagères, en sollicitant des subventions auprès du Département.
Les chemins de randonnée mal entretenus ?
Parmi les autres points d’un conseil communautaire rondement mené, le maire d’Athis-Val-de-Rouvre, Alain Lange, a lancé un pavé dans la mare :  Certains chemins de randonnée ont été refaits d’une manière catastrophique.Â
Le conseil était invité à se prononcer sur un marché public de prestations d’insertion à travers l’entretien de ces chemins de randonnée.
 J’identifie comme vous des difficultés réellesÂ
, a abondé Yves Goasdoué, tout en se gardant de jeter l’opprobre sur la société qui gère ces chantiers d’insertion.  Ne pas les affecter à ce nouveau marché risque de les tuerÂ
, a-t-il averti. Le vice-président, Omar Ayad, a aussi insisté sur le caractère social de ces chantiers :  On doit être porteurs de ce type de marchés et amener ces travailleurs vers un emploi durable. Si nous, on ne le fait pas… »
D’accord avec ce point, Alain Lange souhaite toutefois  aller plus en profondeurÂ
dans la qualité des prestations.