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« Nous sommes au fin fond de l’Orne, mais ce n’est pas anodin ! » : à Ceton, la RD 136 effondrée sera-t-elle réparée ?... |
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La RD 136, malgré ses nombreuses réparations, est ici en piteux état. Un puits sans fond, selon le Département de l’Orne. © Ouest-France
Considérée depuis toujours comme problématique, la RD 136, reliant Ceton (Orne) à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) est interdite de passage en raison d’affaissements. Promise à un quasi-abandon, elle pourrait toutefois connaître un nouveau rebondissement : la municipalité s’est mobilisée et la situation pourrait être réexaminée.
Fragilisée à la fois par les intempéries, toujours plus fortes, et par l’instabilité naturelle du sol, la RD 136, victime régulière des glissements de terrain, s’est effondrée sur une large portion près du lieu-dit Le Pin, à Ceton, dans l’Orne. Devenue impraticable, elle est fermée de manière continue depuis près de deux ans, après des réparations infructueuses, contraignant riverains et automobilistes à de longs détours. Cette situation problématique a dégénéré en bras de fer local entre la population, les riverains, les usagers et les services départementaux chargés de l’entretien de cet axe routier.
Les propositions de déviation désavouées
Lors d’une réunion publique, le 5 novembre 2025, le conseil départemental avait proposé trois scénarios de déviation en alternative à la réparation, option abandonnée, car coûteuse et surtout trop incertaine. Classé en aléa fort, le sol semble continuer à bouger. L’étude géothermique, un temps prévue pour sonder en profondeur, a elle aussi, été annulée.
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Solidaire de la colère des habitants face à des solutions jugées insuffisantes, la mairie, déterminée à ne pas renoncer à la réouverture possible de la RD 136, s’est érigée en porte-parole de ses administrés. Les élus ont rencontré, ce mercredi 26 novembre, à la mairie de Ceton, plusieurs responsables départementaux, la présidente de la commission des routes de l’Orne, Marie-Françoise Frouel, le chef d’agence des infrastructures départementales du Perche, Damien Pinart, et des représentants de la communauté de communes.
Ne pas enterrer l’option réparation
Nous comprenons les enjeux, mais il faut aussi entendre la frustration des habitants à qui l’on avait promis une étude géotechnique. C’est le respect de la parole donnée. Cette étude est indispensable pour estimer et chiffrer, de manière factuelle et transparente, la réparabilité de la route »,
martèle Stanislas Lepic, adjoint au maire, regrettant le manque de concertation dans les décisions prises jusqu’à présent.
La volonté de réaliser des économies budgétaires a pesé lourd dans celles-ci, l’étude représentant, à elle seule, un budget d’environ 120 000 €. Je sais que nous sommes loin d’Alençon, au fin fond de l’Orne, mais il y a une dimension humaine : nous sommes tout de même 1 800 habitants très dépendants de la voiture, et 700 usagers, peut-être, empruntent quotidiennement cet axe. Ils subissent chaque jour 16 km de détour : ce n’est pas anodin !
Le Département a fini par accepter de réexaminer la faisabilité d’une étude géotechnique. La réponse officielle et formalisée est attendue au plus tard le 19 décembre.