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« On aurait pu être en cour d’assises » : la dispute des voisins finit en coup de couteau au visage... |
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L’homme a été condamné à trente mois de prison avec sursis probatoire. © Archives Ouest-France
Après une vive altercation, un homme de 53 ans a asséné un coup de couteau au voisin de ses parents, le 9 avril 2024, à Soligny-la-Trappe (Orne). Le tribunal d’Alençon l’a condamné ce jeudi 13 juin 2024.
« Il aurait pu comparaître en cour d’assises », tient à rappeler la vice-procureure Hélène Tardif au tribunal d’Alençon (Orne), ce jeudi 13 juin 2024. Car l’homme de 53 ans avait d’abord été placé en garde à vue pour tentative de meurtre, le 9 avril 2024, après avoir donné un coup de couteau au visage de la victime.
Cela fait plusieurs années que la relation entre ces voisins de Soligny-la-Trappe est très conflictuelle, autour de l’entretien des propriétés. Et la situation dégénère complètement ce 9 avril. Vers 18 h 15, rue des Oiseaux, un couple et leur voisin se disputent, chacun sur leur terrain, séparés par le grillage. Le fils du couple déboule.
Soudain, il sort de sa poche un couteau de chasse et assène un coup à la tête du voisin. La lame manque de peu l’œil gauche et crée une plaie de 20 cm.
« J’étais énervé, fatigué »
La blessure de la victime est montrée en photographie au prévenu durant l’audience. « Oui j’aurais pu toucher l’œil », souffle-t-il, penaud. Il reconnaît les faits.
« Et qu’a-t-il fait après avoir donné le coup ?, demande la vice-procureure. Il est allé manger et boire une bouteille de mousseux avec ses parents ! » L’homme est en effet interpellé par les gendarmes un peu plus tard, alors qu’il est au volant aux Genettes. Il est placé en garde à vue à 21 h et soumis à un dépistage d’alcool à 22 h 20 : 1,4 g dans le sang.
Peu fier, l’homme l’assure à l’audience : « J’étais énervé, fatigué… Ça aurait pu tourner plus mal. J’ai des remords. » Le parquet en doute. Dix-huit mois de prison dont six avec sursis probatoire sont notamment requis à son encontre.
Trente mois avec sursis
Son avocate a bien tenté de souligner le contexte de l’altercation, avec « la vulnérabilité des parents face à l’agressivité » du voisin. Mais le tribunal le condamne tout de même, « compte tenu de la gravité des faits », à trente mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Il devra entamer des soins concernant l’alcool, ne pourra plus se rendre à Soligny-la-Trappe, ni entrer en contact avec la victime. En revanche, le voisin avait demandé par courrier 7 500 € de dommages-intérêts : c’est rejeté pour « absence de justificatif ».