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« On ne naît pas paysan, on peut le devenir » : Rhizome ouvre la voie dans l’Orne... |
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L’équipe de Rhizome. © Ouest-France
À Essay (Orne), la coopérative Rhizome accompagne ceux qui veulent devenir agriculteurs alors que leurs parents ne le sont pas forcément. Le pain paysan, la fleur coupée locale et le maraîchage biologique font partie des tendances observées en ce début d’année 2026.
À Essay, la coopérative Rhizome accompagne tous ceux qui veulent devenir agriculteurs… sans être nés dans une ferme. Installée dans l’Orne depuis neuf ans, cette coopérative d’activité et d’emploi agricole intervient dans toute la Normandie et rassemble aujourd’hui une centaine de coopérateurs.
Son gérant, Julien Kieffer, originaire du Perche, revendique une ambition claire : permettre à des porteurs de projets agricoles ou para-agricoles – maraîchage, élevage, arboriculture, bûcheronnage, conseil – de tester leur activité avant de s’installer durablement.
Un rôle d’incubateur
On ne devient pas paysan, on naît paysan, m’a-t-on dit un jour. Moi, je n’étais pas d’accord
, confie-t-il. Il y a un tas de savoir-faire “pratico-pratiques” qu’on n’a pas acquis quand on n’a pas grandi dans une ferme.
Rhizome joue donc un rôle d’incubateur. Les porteurs de projet entreprennent sous l’égide de la coopérative, qui assure le portage juridique, comptable et fiscal. Ils disposent d’un numéro de Siret pour facturer et contribuent à hauteur de 11 % de leur chiffre d’affaires. 11 % de zéro, ça fait zéro
, sourit Julien Kieffer. Quand l’activité décolle, ils deviennent contributeurs solidaires pour les suivants.
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Au-delà de l’administratif, l’enjeu est humain. Mise en réseau avec les agriculteurs voisins, formations collectives, outils de gestion, études de marché : Rhizome accompagne les premières années, souvent décisives. Résultat : environ 70 % des sortants créent ensuite leur propre entreprise. D’autres choisissent finalement le salariat. C’est aussi un succès d’éviter à des gens de se planter et de s’endetter.
Une diversification de l’offre
Parmi les tendances observées : le pain paysan, la fleur coupée locale, le maraîchage biologique. Le marché du local ne représente que quelques pourcents du marché global. On n’est pas dans une saturation. On est dans une diversification de l’offre.
À l’heure de l’intelligence artificielle et de la mécanisation croissante, Julien Kieffer plaide pour le maintien du lien humain. L’IA est une source d’information complémentaire. Mais ça ne fera jamais le travail à notre place. Il faut observer, toucher la terre. Il y a des choses qu’on ne peut pas rationaliser complètement sans détruire le terroir.
À Essay, Rhizome défend ainsi une agriculture relocalisée, vivante et ancrée dans son territoire.