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« On s’est sentis en danger » : dans l’Orne, un contrôle vétérinaire chez un éleveur dégénère... |
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Au cours de l’audience, l’agriculteur a expliqué ne pas être contre les contrôles, mais tout faire pour protéger son élevage. (Image d’illustration). © ARCHIVES OUEST FRANCE
Le 24 août 2023, les services vétérinaires se rendent dans une exploitation bovine dans le bocage athisien, dans l’Orne, pour y effectuer un contrôle. À leur arrivée, les deux professionnels se font pourchasser par l’agriculteur sur son tracteur. L’homme de 43 ans comparaissait mardi 9 janvier 2024, devant le tribunal judiciaire d’Argentan.
« Pour nous, c’était intentionnel. » Jeudi 24 août 2023, un inspecteur en santé animale vient porter plainte à la gendarmerie contre un agriculteur installé dans le bocage athisien, dans l’Orne. Le matin même, il s’est rendu chez l’éleveur avec un collègue pour effectuer un contrôle dans son exploitation de bovins, et les deux hommes se sont retrouvés pourchassés par l’agriculteur, sur son tracteur.
L’agriculteur, âgé de 53 ans, aurait actionné une marche arrière avec son tracteur sur lequel se trouvaient trois bottes de foin. Il comparaissait devant le tribunal judiciaire d’Argentan, ce mardi 9 janvier 2024, pour mise en danger de la vie d’autrui.
« Je les ai remis à l’extérieur de l’exploitation »
Si l’agriculteur ne nie pas avoir repoussé les deux hommes, l’explication derrière ce geste est tout autre. « Dans notre secteur, il y a la tuberculose, explique-t-il face à la juge. Je veux qu’ils viennent en tenue jetable. Ils ne l’avaient pas. Je n’ai pas foncé sur eux, mais je les ai remis à l’extérieur de l’exploitation. Je suis descendu pour leur parler mais ils se sont enfuis. Je protège mon exploitation. Je n’ai pas voulu toucher la voiture. »
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Pour les deux plaignants, ce geste était pourtant « intentionnel. On s’est sentis en danger. On a préféré rebrousser chemin pour ne pas aller à l’affrontement ».
Des échanges tendus auparavant
Entre l’éleveur de bovins et les services vétérinaires, les échanges étaient déjà tendus. « C’est une exploitation suivie depuis plusieurs années par des collègues, a expliqué l’un des plaignants lors de son dépôt de plainte. On est donc restés prudent car c’est quelqu’un de très difficile. Il y a déjà eu une agression envers un vétérinaire. »
En amont de leur visite, ce 24 août, les deux professionnels avaient même prévenu la gendarmerie de leur présence sur l’exploitation.
Le tribunal a condamné l’agriculteur à deux mois de prison entièrement assortis de sursis simple. Il devra s’acquitter de 600 € pour chacun des deux hommes ainsi que de 800 €, au titre de leurs dommages et intérêts.