|
« Si personne ne vient me chercher en voiture, je ne peux rien faire » : quand le transport solidaire s’organise... |
1
L’agglomération de Flers a lancé un service de transport à la demande via son offre globale Némus. © Archives Ouest-France
En zone rurale notamment, la question de la mobilité des personnes âgées ou en perte d’autonomie est particulièrement épineuse. Le transport solidaire est devenu une solution portée par des associations nationales ou des initiatives locales.
Les solutions de mobilité en ruralité sont en panne sèche. Le Secours catholique s’en faisait l’écho dans un rapport publié en 2024, pointant du doigt les déserts médicaux, l’éloignement des services, des écoles, des commerces. « Ceux qui n’ont pas de véhicule personnel sont encore plus durement affectés : jeunes, personnes âgées, personnes porteuses de handicap, personnes sans emploi ou avec peu de ressources », lit-on dans le rapport. Un constat résumé en préambule par une habitante : « Si personne ne vient me chercher en voiture, je ne peux rien faire. »Â
En France, seuls 19 % des habitants des communes rurales affirment pouvoir choisir leur mode de transport. La multimodalité (le fait d’emprunter différents moyens de transport en fonction du trajet), chère aux grandes métropoles, y est une chimère.
Les assos se mobilisent
Face à ce constat, les associations œuvrant à la solidarité se mobilisent. Sur tousbenevoles.org, le Secours catholique, mais également les Petits frères des pauvres, les Papillons blancs ou encore AFM Téléthon recherchent régulièrement des bénévoles pour véhiculer des personnes âgées, celles fragilisées par la pauvreté ou en situation de handicap.
Lire aussi : « Nous ne sommes pas assez nombreux » : Mobilité solidaire recherche chauffeurs volontaires à Bouaye
La Croix-Rouge propose des missions d’accompagnement via ses antennes locales, ainsi que des solutions d’autopartage. De même, l’ADMR, avec son réseau très maillé de 2 600 associations locales, fournit un service de chauffeurs accompagnateurs aux seniors. De son côté, l’Agirc-Arrco a créé « Sortir plus » pour ses pensionnaires âgés de 75 ans et plus. La prestation est intégralement prise en charge par la caisse de retraite complémentaire et doit être demandée environ une semaine à l’avance en contactant un conseiller (au 0 971 090 971).
Solutions locales
D’autres solutions ont été mises en place, très localement. Comme à Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) où les bénévoles de Solid’Âges ont pris en charge le service Seniors Lib’ pour véhiculer des personnes de plus de 60 ans. L’agglomération de Flers a lancé un service de transport à la demande via son offre globale Némus. Inspiré par une expérimentation créée à Tinchebray dès 2014, le département de l’Orne organise, avec Autofree 61, un service d’autopartage de véhicules électriques sur plusieurs sites du département. Plus globalement, le réseau normand des acteurs de la mobilité inclusive a conçu la plateforme Déclic déplacement, dans l’Orne et le Calvados, afin de trouver facilement un service de transport. Les départements et les centres communaux d’action sociale (CCAS) sont d’ailleurs les interlocuteurs privilégiés lorsque l’on cherche une solution de déplacement.