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« Tout le monde est acteur » : ils font partie de la première phase de la caisse locale d’alimentation de Flers agglo... |
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Léo Toutain fait partie, avec ses colocataires, de la première vague de la Caisse locale de l’alimentation de Flers agglo (Orne). © OUEST-FRANCE
La première vague de la caisse locale d’alimentation de Flers agglo (Orne), déclinaison locale de la sécurité sociale alimentaire, est lancée depuis le 1er décembre 2025. Sur la trentaine de participants, Jeanne Germanicus et Léo Toutain font partie des surcotisants.
Ce samedi 20 décembre 2025 au magasin Biocoop de Flers (Orne), Jeanne Germanicus et Léo Toutain, 25 ans tous les deux, sont venus acheter des poireaux et des pâtes en vrac. Seulement, ils ne vont pas payer avec leur carte bancaire, mais avec leurs Claf-outils, la monnaie virtuelle de la caisse locale d’alimentation de Flers agglo (Claf).
Depuis le 1er décembre 2025, et pour une période de trois mois, ils ont rejoint avec leurs deux autres colocataires la première phase de la Claf. « Je cherchais à m’engager en dehors de mon travail. J’avais déjà travaillé sur la sécurité sociale alimentaire. Quand j’ai vu que quelque chose de similaire se mettait en place sur Flers, j’ai proposé à mes colocataires de s’inscrire ensemble
», explique Jeanne Germanicus.

Au magasin Biocoop de Flers (Orne), il est possible de payer avec ses Claf-outils. OUEST-FRANCE
« Il y a plein de profil différents »
Inspirée de la sécurité sociale alimentaire, la Claf vise à rendre accessible les produits locaux de qualité à tout le monde et valoriser les producteurs de Flers agglo. Tous les mois, les inscrits contribuent à hauteur ce qu’ils peuvent (à partir de 20 € et par tranche de 5 €) et reçoivent 100 € sous forme de Claf-outils à utiliser dans les points de vente et producteurs conventionnés Claf.
« La Claf va à l’encontre de la société qui est oppressive et fait culpabiliser les gens de
mal manger
». Ce que je trouve bien, c’est qu’il y a plein de profils différents au sein de la Claf.
Tout le monde est acteur du mieux manger sans distinction. Aussi, elle permet d’aider les producteurs qui ne sont pas compétitifs face à la grande dist
ribution à pouvoir vivre correctement
», développe Jeanne Germanicus.
Au sein de leur colocation, ils ont décidé de cotiser 120 € ensemble. « C
haque colocataire contribue en fonction de ses revenus restants, puisqu’on ne gagne pas tous pareil
», ajoute Léo Toutain. En tant que salariés au sein du réseau des Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam) Normand, les deux amis font partie des participants de la Claf déjà informés et sensibilisés sur les sujets autour de l’alimentation.
Plus de sous-cotisants : un système sans équilibre
Selon Sylvie Maloizel, directrice de la solidarité au CCAS de Flers et l’une des porteuses du projet, « sur la trentaine de participants actuels, deux tiers sont des sous-cotisants et un tiers sont des surcotisants
». Le temps que ce système arrive à l’équilibre, Flers agglo abonde à hauteur de 20 000 € pour compenser les pertes. « De lui-même l’équilibre semble difficile à atteindre d’ici la fin de l’expérimentation au 31
décembre 2026
», observe-t-elle.
« Les premiers retours demeurent positifs, aussi bien pour les utilisateurs que la vingtaine de producteurs et points de vente conventionnés
», ajoute la directrice de la solidarité qui espère un regain de participation pour la deuxième vague en mars 2026. On vise soixante
inscriptions. On attend aussi le conventionnement
de dix
producteurs dans les semaines à venir
», conclut-elle.