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« Zonz » ce soir sur France 2 : une excellente comédie carcérale adolescente

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photo  adem benosmane (hacine), mona claude (alice), hind faiz (reem), roman doduik (gabin), bilel chegrani (killian), sacha lauras (rose).  ©  julien panié / france télévisions 1

Adem Benosmane (Hacine), Mona Claude (Alice), Hind Faiz (Reem), Roman Doduik (Gabin), Bilel Chegrani (Killian), Sacha Lauras (Rose). © Julien Panié / France Télévisions

Six adolescents montent un plan pour s’évader de prison. La mini-série « Zonz », diffusée ce dimanche 3 août sur France 2, est une aventure en huit épisodes parfaitement maîtrisés, aux dialogues percutants, drôles et portés par de formidables comédiens.

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Diffusée dès ce dimanche 3 août sur France 2, la mini-série Zonz raconte l’histoire de six adolescents montant un plan pour s’évader de prison. En huit épisodes parfaitement maîtrisés, les dialogues sont percutants, drôles et portés par de formidables comédiens. Entretien avec Marine Maugrain Legagneur, coauteure avec Quentin Pissot et coréalisatrice avec Marine Colomies de Zonz.

Que raconte « Zonz » ?

Six adolescents incarcérés (Alice, Hacine, Gabin, Killian, Reem et Rose) montent un projet d’évasion. On entre dans la prison avec Alice, 17 ans, élève modèle, qui voulait combler les espoirs et les sacrifices de ses parents, et qui semble être là par erreur. Cela nous intéressait qu’Alice soit d’origine asiatique, car c’est une minorité sous-représentée en fiction. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les prisons pour mineurs sont souvent mixtes, car les filles sont très peu nombreuses. En revanche, dans la réalité, les adolescents ne s’évadent pas ! Et s’ils s’échappent, on les retrouve très vite bien souvent chez leur mère.

Après « Mental », « Zonz » est votre deuxième série sur des adolescents enfermés…

Il y a trois ans, le producteur Pierre Hervé m’a proposé d’écrire une série sur des ados en détention, avec ce ton de comédie irrévérencieuse, sensible, qu’il avait aimé dans Mental. Adaptée d’une série finlandaise, Mental mettait en scène des adolescents en hôpital psychiatrique. Depuis, l’adolescence est un sujet qui me parle : l’intensité de la vie, des émotions, l’inventivité, les premières fois… Par ailleurs, la prison est un environnement qui m’interpelle. Lorsque j’étais étudiante en lettres, j’avais donné des cours à la prison de la Santé, à Paris.

Comment avez-vous travaillé avec votre partenaire d’écriture ?

Nous avions envie d’intégrer les codes populaires des films et des séries d’évasion. Dans Zonz, nous ne voulions pas réduire les personnages à leurs crimes ou délits. On découvre peu à peu pourquoi ils sont là, mais sans entrer dans le détail. En revanche, nous voulions restituer l’univers carcéral avec suffisamment de réalisme. Nous avons rencontré des gardiens, des éducateurs spécialisés, lu les 1 300 pages du Guide du prisonnier (par l’Observatoire International des Prisons, ndlr), consulté une sociologue spécialiste des mineurs en détention. Nous avons pu tourner dans l’ancien centre de détention de Clairvaux, qui avait fermé peu avant.

Lire aussi : Projections, drogue, ennui… « Une dégradation du climat général » à la prison pour mineurs d’Orvault

Comment décririez-vous les autres personnages ?

Reem fait écho à des jeunes filles que j’ai croisées dans les foyers d’hébergement d’urgence pour la préparation de Mental. Les filles ont parfois deux options : « faire la fille » pour obtenir la protection des garçons ou se « masculiniser ». Rose est dans son monde, plus beau. Hacine se sent abandonné et est dépassé par sa colère. Gabin, d’une grande sensibilité, est lui dépassé par son flot de paroles. Killian, le plus rigolo, est coincé dans un rôle de voyou qui lui va assez mal.

Et parmi les adultes, il y a Audrey, « la méchante »

Audrey, l’une des gardiennes, est le personnage antagoniste dont on a besoin en fiction. Elle est là pour nous hérisser les poils. On ne va pas jusqu’à « sauver » son personnage, mais à un moment, elle essaie de justifier son comportement. Les gardiens sont confrontés à une agressivité permanente. C’est un milieu qui abîme.

Comment ne pas tomber dans le cliché ou la caricature ?

Le plus simple est de mettre un peu de nous dans chaque personnage.

France 2, 22 h 50.

 
Propos recueillis par Sonia LABESSE.    Ouest-France  

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