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Alençon. Au marché de Perseigne, on suit les flèches... |
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Ce mardi 12 mai, Said a le sourire pour le premier marché de Perseigne post-confinement. © Ouest-France
Ce mardi 12 mai, la place de la Paix à Perseigne a accueilli son premier marché depuis la levée du confinement. Une reprise qui soulage, mais qui perturbe aussi les habitués.
Son stand mesure plusieurs mètres de long. Dessus, on trouve tout un tas de babioles. Des vernis à ongles, du maquillage ou encore des pinces et élastiques pour cheveux. Entre 1 et 5 €. Ce mardi 12 mai, Said a le sourire pour le premier marché de Perseigne post-confinement.
Il est 9 h et pour le moment, les clients sont timides, sur la place de la Paix. « On appréhende comme un premier jour d’école », indique-t-il tout en déballant sa marchandise. Lui, a gardé « sa place ». Mais dorénavant, quatre mètres le séparent de son voisin commerçant. Et face à lui, l’allée ne mesure plus 2, 5 m de large mais 6 m.

Sur le sol du marché de Perseigne, des flèches ont été peintes pour indiquer le sens de circulation. © Ouest-France
Environ 65 % des commerçants présents
Désormais, le marché à un sens de circulation. Au sol, quelques flèches ont été peintes à la bombe de peinture rose. Et le marché est plus étendu et déborde de la place sur les rues adjacentes. Il forme un escargot. Avec une entrée et une sortie.
Au milieu des étals, le placier accroche les derniers rubans de signalisation blanc et rouge entre deux vendeurs. « Aujourd’hui, c’est un peu du bricolage, reconnaît-il. Mais petit à petit ça va s’agencer ». Même si les premiers exposants sont arrivés dès 6 h ce matin, les stands sont tout juste en place trois heures plus tard. « Entre 60 et 70 % des commerçants sont présents », estime-t-il.
Peu de monde devant les commerces de fruits et légumes et les stands de vêtements. Mais, plusieurs mètres de file d’attente devant les camions des boucheries halal. Cette mère a fait le plein de merguez pour sa famille de sept personnes. « Le marché nous manquait, je viens acheter de la viande et des épices orientales, dans les grandes surfaces on est un peu pénalisés », souligne-t-elle. En plus, elle achète des fruits et des légumes, « deux fois mois chers » ici, par rapport à ceux vendus en supermarché.
Signalétique fastidieuse
Un peu plus loin, deux sexagénaires habituées du marché du mardi, semblent perdues. « Je suis contente de retrouver les commerçants et les distances de sécurité ne m’embêtent pas, commente Jacqueline qui porte un masque en tissu fait main. Mais je ne comprends pas la signalisation, comment doit-on se déplacer ? On a l’impression d’étouffer, on se sent enfermés ! » Contrairement à ses habitudes, elle repart bredouille.
Presque à la sortie du marché, quelques clients sont venus saluer Mustapha, commerçant sur la place depuis 25 ans. Sur son stand bazar, il vend des piles, des gadgets et des récipients en plastique.

L’équipe du service événementiel de la ville d’Alençon distribue la signalisation aux commerçants du premier marché de Perseigne après confinement. © Ouest-France
« Avant, mon chiffre d’affaires me permettait d’aller me fournir en marchandises auprès d’autres commerçants à Paris. Après, je me dégageais un salaire. » Il s’approvisionnait environ une fois par semaine. Mais par peur de dépenser de l’argent en essence sans gagner sa vie, il ne fera dorénavant le déplacement qu’une fois par mois. Peut-être moins souvent encore. « Pour moi, on est toujours confinés, en travaillant un peu. On va essayer de survivre, comme beaucoup d’entreprises. »