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Alençon. Ils cherchent un lieu pour du bricolage solidaire... |
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Une partie du matériel a déjà été acquis pour ce projet, porté par les Courts-circuits, en partenariat avec plusieurs autres associations locales. © Rose Nicolas
Scie à métaux, outils de soudure… Le matériel est là . Les bénévoles aussi. Reste à trouver un local suffisamment grand afin de mener à bien le projet collaboratif, porté par l’association les Courts-circuits à Alençon.
Un lieu mis en commun auprès de différentes associations, afin de permettre le partage d’outils, mais aussi de connaissances et de savoir-faire. C’est l’idée du collectif alençonnais des Courts-circuits, en partenariat avec le centre social Édith-Bonnem, SOS familles Emmaüs et À bicyclette.
Le projet Oasis a commencé aux Petits Châtelets, où l’association était installée depuis deux ans. « On a commencé à y tester quelques trucs, mais on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas assez de place, raconte Florent Catteau, président des Courts-circuits. Aujourd’hui, on passe à la vitesse supérieure. »
Un budget de 10 000 €
Les dernières subventions viennent d’être débloquées. Sur un budget total de 10 000 €, le projet bénéficie de 5 000 € de la Région et de 3 000 € de la part de la communauté urbaine d’Alençon. Plusieurs outils ont déjà été acquis : scie à métaux, broyeuse à végétaux, outils de soudure…
« On a les bénévoles, on commence à avoir pas mal de matériel… La seule chose qui nous freine, c’est le lieu », concède Florent Catteau. Sur ce point, il a sollicité la Ville. « Nous suivons le dossier de très près, assure Vincent Brault, chef du cabinet du maire. Il nous manquait quelques éléments, mais le projet suit son cours. Nous voulons surtout faire attention à respecter l’équité entre toutes les associations. »
Vélo école, garage solidaire…
L’espace devra être assez important, entre 200 et 300 m2. « Nous avons besoin d’un lieu costaud, avec de la place pour une réserve », précise Florent Catteau. Le but est de faciliter la récupération des matériaux et donc la réduction des déchets.
Le lieu sera modulable en fonction des projets de chaque association. Audrey Motas Nocera, conseillère mobilité de la plateforme Mobijump, installée au centre social Édith-Bonnem, espère y développer « la location de voitures, la formation à la mobilité », mais aussi ouvrir « une vélo école ». Un projet qui intéresse l’association À Bicyclette, qui œuvre pour la défense des modes de déplacement doux. « On pourrait apporter notre expertise, et aider à l’encadrement par exemple », imagine Patrick Gaborit, président.
Un espace gratuit et autogéré
Quant à l’association SOS familles Emmaüs, c’est aussi l’accompagnement à la mobilité qui motive son implication. « On s’est rendu compte que la plupart des demandes que l’on reçoit concernent des véhicules ou des permis de conduire, explique Alain Lermier, bénévole. On s’est intéressé au système de garage solidaire. » Le principe : racheter des véhicules à moindre coût auprès des succursales de garages automobiles, effectuer les réparations, et les proposer à la vente à petit prix.
La mise à disposition du local et des outils sera gratuite. Pour que le lieu, géré principalement par des bénévoles, fonctionne efficacement, le système d’échange local Alen’sel, développé par les Courts-circuits, devrait mis en place. Ce dispositif fonctionne grâce à une monnaie d’échange, la brode, que les utilisateurs devront donner contre la mise à disposition d’un outil. Pour en gagner, c’est simple : il suffit de donner un coup de main à quelqu’un d’autre, en partageant son savoir-faire par exemple. Résultat, le lieu devrait être autogéré par les membres.
Troc de vêtements et d’objets, recyclage de l’huile de friture, mais aussi bar participatif, concerts, événements en commun… Pour faire de cet endroit un lieu vivant, les idées ne manquent pas. Reste à pouvoir les mettre en place !