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Après 44 ans d’activité à Écouché-les-Vallées, la quincaillerie d’Annie Duval ferme en mars 2024... |
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Annie Duval va fermer boutique après quarante-quatre ans d’activité à Écouché-les-Vallées, près d’Argentan. © Ouest-France
Le 31 mars 2024, Annie Duval baissera définitivement le rideau de sa quincaillerie du centre bourg d’Écouché-les-Vallées, dans l’Orne. Avant elle, son père et son grand-père ont tenu ce commerce de proximité. Annie Duval a vendu les murs et ne sait pas ce qui remplacera sa quincaillerie.
« Oui, attends, j’arrive. » Cette phrase-là , les deux filles d’Annie Duval, quincaillière à Écouché-les-Vallées près d’Argentan (Orne) depuis quarante-quatre ans, l’ont entendue toute leur enfance. Depuis toujours, elles ont connu leur mère jonglant entre les clients de sa boutique, leurs devoirs et leurs sollicitations. Le 31 mars 2024, Annie Duval baissera définitivement le rideau, pour cause de départ en retraite.
« Je m’y suis beaucoup plu »
« Ça aurait fait quarante-cinq ans le 1er juillet prochain », souffle la quincaillière, qui a repris l’entreprise familiale dans les années 90, à la retraite de son père. Avant lui, c’étaient ses grands-parents qui tenaient l’échoppe. « Je m’y suis beaucoup plu, j’aimais ce que je faisais. Un bon contact avec les clients et des clients fidèles : ça suffit à être heureuse. »
À l’origine c’était une quincaillerie, puis la droguerie a pris une place importante dans le magasin, les outillages un peu moins « à cause de la concurrence ». Annie Duval a aussi développé les arts de la table, tout ce qui touche au ménage et à la cuisine.
« Dans un petit village comme ça, quand on a besoin d’un couteau, on ne va pas faire 10 km. Et puis je faisais travailler des artisans de qualité », note la sexagénaire. Quand on aborde son départ, ses clients qui vont se retrouver sans ce commerce de proximité, l’Écubéenne a les larmes aux yeux.
Parmi les événements marquants de sa carrière, la sexagénaire se souvient évidemment de la période de pandémie. « Au début on ne savait pas trop si on allait pouvoir ouvrir ou pas, se remémore-t-elle. Et puis on a pu. Et comme les gens n’avaient pas le droit de se déplacer, j’ai énormément vendu pendant cette période-là . Mais heureusement que j’avais les reins solides, car quand les charges nous rattrapent deux ans après, il y avait intérêt à avoir anticipé. »
Du rangement et du tri avant la retraite
D’ici la fermeture définitive de l’échoppe, les clients continuent de défiler pour demander une pile de montre, acheter un dernier outil. Une fois le rideau définitivement baissé, Annie Duval s’attellera à vider tous les greniers occupés de ferrailles et d’anciennes marchandises, accumulées depuis trois générations.
« Quand ce gros boulot sera fini qu’est-ce que je ferai ? Eh bien je prendrai du temps pour moi, je prendrai quelques vacances un peu plus longues que ces quarante-quatre dernières années », confie-t-elle. C’est-à -dire un peu plus que les trois semaines annuelles que la commerçante s’accordait en mai et pendant la période estivale. « Je profiterai aussi de mon temps libre pour passer plus de temps avec mes trois petits-fils. »