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Ce chef d’entreprise de Damigny marche pour sa santé et celle de la planète... |
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François Gouyon associe marche pour sa santé et collecte de déchets. © Ouest-France
François Gouyon, de Damigny, près d’Alençon (Orne), marche pour sa santé et celle de la planète. Ce patron d’une boîte informatique témoigne de sa prise de conscience et de son action écologique en faveur des jeunes générations : quand il marche, il en profite pour ramasser les déchets.
François Gouyon, le patron de la Grenouille informatique, s’est vu imposer un virage par la vie qui l’a conduit à marcher, tout en ramassant des détritus balancés sur les bas-côtés des voies.
Deux chocs successifs
En 2018, l’année de ses 60 ans, le Damignien aurait pu prétendre à la retraite mais cela ne l’effleure pas. Mais des essoufflements le conduisent chez un cardiologue qui découvre alors qu’il ne possède que deux valvules aortiques sur trois, et que l’une des deux présente des déficiences.
Un premier choc. Le chirurgien l’opère et lui conseille vivement de marcher tous les jours. C’est un second choc, lorsqu’il découvre lors de ses périples les détritus balancés sur les trottoirs, bas côtés, dans les fossés.  Qu’est-ce qu’on va laisser à nos petits-enfants ?Â
s’alarme ce grand-père de deux petites filles. Il décide alors une fois par quinzaine de ramasser ces déchets. Ainsi, il quitte la Grenouille informatique pour se jouer colibri en faisant sa part pour le futur de la toute jeune génération.
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Une poubelle vite saturée
C’est, équipé de son collecteur de déchets maison, une poubelle fixée sur un diable, habillée d’un sac, et muni d’une pince, qu’il se lance à l’assaut. Démonstration. Nous arpentons la rue Nicolas-Appert, dans la zone industrielle. Bouteilles de soda, canettes en alu, bouteilles en verre, sacs et contenants de fast-food, sachets de bonbons et chewing-gums, mégots, polystyrène, saturent très rapidement sa poubelle.
 En dix minutes la moisson a été très bonne »,
conclut-il non sans humour. Reste à trier ces détritus à son retour afin qu’ils soient recyclés. En fait, ce contenu l’inquiète vivement  un mégot pollue jusqu’à 500 l d’eau »,
rappelle-t-il.  Il faut environ cinq cents ans pour qu’une bouteille plastique se dégrade »,
prolonge François Gouyon.
 Des microplastiques sont retrouvés dans nos cerveauxÂ
, s’alarme le retraité. Il regrette l’époque  où toutes les bouteilles de verre étaient consignéesÂ
. Puis, il élargit son empathie aux vaches qui risquent de se couper lorsque des détritus déchiquetés sont projetés dans leur pâture, lors des fauchages des bas-côtés.
Le sage suggère des solutions toutes simples.  Un sac-poubelle dans les véhicules, un cendrier portableÂ
au lieu de balancer par la fenêtre ces emballages alimentaires et les mégots.  Bâcher les remorquesÂ
pour les usagers de la déchetterie, afin que les déchets plus légers ne s’envolent et tapissent les environs. Le grand-père interroge sur ces incivilités :  Un problème d’éducation ?Â