|
Ce que pensent les maires de l’extension de l’unité de méthanisation de Saint-Paterne-Le Chevain... |
1
La construction de la fosse « déportée » qui permettra de stocker les résidus de méthanisation, a déjà commencé au lieu-dit Le Gué de Moulin, à Saint-Céneri-le-Gérei (Orne). On l’aperçoit en arrière-plan, derrière les bâtiments de ferme et les arbres. © Ouest-France
Huit élus locaux de communes du nord de la Sarthe et du sud de l’Orne ont été sollicités pour donner leur avis dans le cadre d’une procédure d’enregistrement d’un projet d’extension d’une unité de méthanisation de Saint-Paterne-Le Chevain qui comporte un important volet épandage.
La SCEA du Cohon de Saint-Paterne-Le Chevain (Nord-Sarthe) envisage d’étendre son unité de méthanisation. Une extension qui implique la réalisation d’un plan d’épandage dans huit communes de l’Orne et de la Sarthe. Certains conseils municipaux ont déjà délibéré, d’autres vont le faire. D’autres encore ne le feront pas, car ce n’est pas obligatoire.
Des avis défavorables
« Nous craignons les nuisances olfactives, déclare Brigitte Zeniter, maire de Champfleur, mais aussi les risques que ces épandages font courir aux cours d’eau et aux nappes phréatiques. » Son conseil municipal a émis un avis défavorable à l’unanimité le 25 janvier.
André Trottet, maire de Villeneuve-en-Perseigne, s’oppose aussi à « ce projet qui n’a rien d’agricole ». Son conseil a voté contre à l’unanimité le 8 février. L’épandage concernerait environ 150 hectares dans la commune. Le maire s’inquiète notamment de « l’introduction de déchets d’abattoirs et d’invendus de fromageries » dans le processus de méthanisation.
Avis défavorable unanime aussi, à La Ferrière-Bochard, en raison de la menace que l’épandage fait peser sur le projet d’exploitation de sources d’eau de la société Roxane. « Elle doit ainsi relancer l’embouteillage d’eau. Si elle ne peut pas le faire, la pérennité du site où elle est installée depuis 1954 est en jeu. »
Trop de trafic
Le conseil de Saint-Paterne-Le Chevain, dans lequel siège l’un des créateurs de l’unité de méthanisation, doit se prononcer le 22 février. Mais, déjà , le maire ne cache pas son hostilité à la hausse des tonnages traités au lieu-dit La Coudre. « Il y aura davantage de véhicules sur une voie communale qui n’est pas adaptée à un tel trafic. » > Lire aussi : Saint-Paterne. Nord Sarthe Environnement s’oppose au projet d’extension d’une unité de méthanisation
Plus globalement, Joël Touchard considère que « les terres agricoles sont destinées à nourrir les hommes, pas à produire du gaz ». Un point de vue que partage le maire d’Ancinnes, qui avoue cependant se poser « beaucoup de questions. L’idée de départ paraît intéressante car elle permet de recycler des déchets, d’apporter un complément de revenus aux agriculteurs. »
Denis Assier n’a pas sollicité son conseil pour émettre un avis. À Gesnes-le-Gandelin, le conseil n’a pas non plus délibéré. « Notre avis est facultatif et, de toute façon, il compterait bien peu, estime Georges Pavard. Et les épandages de méthanisation ne sont pas les plus perturbants. »
Saint-Céneri se ravise
A priori, aucun avis n’a été émis non plus par le conseil municipal de Mieuxcé, mais nous n’avons pas pu joindre la maire Nathalie Ripaux pour en avoir la confirmation.
À Saint-Céneri-le-Gérei, en revanche, le conseil municipal s’est prononcé mardi 16 février au cours d’une réunion organisée pour réexaminer le dossier. Les élus avaient émis un avis favorable, à une petite majorité, il y a une dizaine de jours. Mais, depuis, le maire a eu la confirmation que « les veines géologiques qui alimentent l’un des forages de la Roxane sont situées sur la zone d’épandage ». Trop risqué donc, le conseil s’est ravisé : neuf élus sur onze ont voté contre le projet.