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Comment Bagnoles-de-l’Orne est-elle devenue une station balnéaire de charme ?... |
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Une des grandes villas du boulevard Albert-Christophle. © Gérard Houdou, Ouest-France
Construit à la fin du XIXe siècle, le quartier Belle-Époque dévoile de somptueuses villas, comme un musée à ciel ouvert imaginé par un visionnaire et enfant du département, Albert Christophle.
Aujourd’hui, si Bagnoles-de-l’Orne porte un si beau visage c’est avant tout grâce à un homme. Député de la première circonscription de l’arrondissement de Domfront, avocat, premier préfet de l’Orne après la guerre de 1870, député, ministre des Travaux publics, puis gouverneur du Crédit foncier de France, Albert Christophle fut aussi maire de Tessé-la-Madeleine, commune rattachée à Bagnoles-de-l’Orne depuis 2000. Il s’est inscrit comme l’un des grands promoteurs de cette cité naissante, une véritable station thermale.
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Dès 1886, trois grands boulevards parallèles sont tracés, quatre rues perpendiculaires et une place centrale. Boulevards qui portent aujourd’hui les noms d’Albert-Christophle, Le Meunier-de-la-Raillière et Paul-Chalvet.
Élégantes villas
Entre ces grandes artères, les terrains sont quadrillés en parcelles clôturées de jolies grilles de ferronnerie. Rapidement, d’élégantes villas vont y être édifiées. Un style architectural est imposé, caractéristique Belle Époque du tournant de ce siècle et des cités balnéaires de la côte normande.

La station thermale de Bagnoles-de-l’Orne. Stéphane Geufroi / Archives Ouest-France
On emploie des matériaux locaux : pierres de pays issues du grès granitique du massif armoricain, pierres meulières, ardoise du Nord Mayenne pour la couverture des maisons principales et la tuile du Calvados pour les dépendances.
Rompre avec l’austérité
Le bois est aussi un élément indispensable des constructions, nécessaire à la réalisation des fermettes et des balcons. Les couleurs des façades ramènent aux éléments naturels : le bleu pour l’eau, le jaune pour l’air, le vert pour la nature et le rouge pour la terre. Employées comme éléments de décor, les briques permettent de rompre avec l’austérité de la pierre et créent une polychromie.
Les façades s’habillent de tourelles, d’auvents et de marquises, de frises émaillées, de balcons et de bow-windows, les toitures sont parfois estoquées d’épis et de poinçons de faîtage. Modestes pour certaines, imposantes pour d’autres, les bâtisses possèdent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un ou deux étages.

Le casino de Bagnoles-de-l’Orne, station thermale et haut lieu touristique de la Normandie. Marc Ollivier / Archives Ouest-France
Les Myrtilles, le Chalet Normand, le Chên’Houx, le Castel, les Hortensias, le Nid-Bel… Entre 1886 et 1914, une soixantaine de villas sont construites dans ce quartier Belle-Époque, aujourd’hui classé dans une Zone de protection du patrimoine architectural.
Depuis le 25 décembre 2022, Bagnoles-de-l’Orne a été distingué par le label « Petites cités de caractère », rejoignant neuf autres communes du département.
Festivals et randonnées
Deux rendez-vous rythment la vie culturelle de Bagnoles-de-l’Orne chaque été. Festival gratuit des arts de la rue, les Vendredis de l’Été propose une programmation mêlant voyages et découvertes. Chaque dimanche, les Clés de Bagnoles, dévoile un festival gratuit, qui mélange les genres et influences musicales.
Vous pouvez également découvrir le quartier Belle-Époque lors d’une balade pédestre au départ de l’office de tourisme.
Renseignements : office de tourisme de Bagnoles-de-l’Orne au 02 33 37 85 66 et www.bagnolesdelorne.com
Article publié le 7 août 2022, mis à jour et réédité le jeudi 23 février 2023.