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Covid dans l’Orne. « Encore difficile de mesurer les effets du confinement »... |
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Les services de réanimation de l’Orne ne sont pas encore saturés. Les chiffres de vendredi affichaient 13 lits occupés sur les 24 que compte le département de l’Orne. © Ouest-France
Le taux d’incidence et le nombre de cas positifs fléchissent légèrement dans le dernier bilan de l’Agence régionale de santé Normandie. Cette dernière reste très attentive à la situation dans les Ehpad.
Dans cette épidémie de Covid-19, l’Orne a souvent fait figure de bon dernier de la classe. Au printemps, le département avait résisté longtemps avant qu’un premier cas ne soit officiellement déclaré, à la mi-mars.
Et depuis la reprise de l’épidémie, à la rentrée, l’Orne faisait encore office de Petit Poucet. « Cela s’explique par une densité de population moins importante, explique Anne-Catherine Sudre, directrice départementale de l’Agence régionale de santé. Et comme le département ne compte pas de grosses agglomérations, il y a moins de brassage. »
Le retard se rattrape toujours
Sauf que tout ceci ne signifie pas que le virus ne circulait pas. « Et on finit toujours par rattraper le retard », précise Anne-Catherine Sudre. Le taux d’incidence est donc passé de 33,95 (nombre de personnes testées positives pour 100 000 habitants) fin septembre à plus de 300, le 10 novembre.
Le dernier bilan de l’ARS montre que ce taux d’incidence fléchit légèrement, repassant sous la barre des 300. « Mais il est encore trop tôt pour dire que c’est l’effet du confinement. Il est préférable d’attendre un peu avant d’en tirer cette conclusion. D’autant plus que ce second confinement n’est pas le même que le premier. On ne peut donc pas s’attendre à avoir le même impact. »
Les lits de réa ne sont pas saturés
L’Orne compte 24 lits de réanimation, répartis dans les centres hospitaliers de Flers et d’Alençon. « Lors de la première vague, on est monté jusqu’à 28, ajoute la directrice départementale de l’ARS. À ce jour (chiffres datant de vendredi 13 novembre), nous avons 13 lits occupés par des patients atteints de Covid. On est loin d’être saturés. » Et de rappeler ce que martèle aussi le personnel soignant : il est important de respecter les gestes barrières et de rester chez soi.
Et que tout le monde se rassure, si ces lits venaient à être tous occupés, les patients ne sont pas laissés sans solution. « Les lits de réa ne se gèrent pas sur un seul établissement, ni même à l’échelle d’un département. Si Alençon est saturé, le patient est transféré par une équipe du Samu. C’est le centre de crise national qui gère ça en demandant aux régions moins touchées de prendre des patients en charge. »
Vigilance accrue dans les Ehpad
Au dernier bilan, l’Orne affiche 68 décès à l’hôpital. À ce chiffre s’ajoutent le nombre de morts du Covid dans les Ehpad, une quarantaine pour l’Orne depuis le début de la crise épidémique. Dans ces lieux de vie, la vigilance est extrême.
« Nous comptons onze clusters dans des Ehpad ou résidence autonomie de l’Orne. C’est un suivi très lourd. Bien sûr les cas dans ces lieux de vie sont davantage visibles car ce sont des établissements fermés. Quand un cas est détecté, on teste en masse. Pour stabiliser les choses, on peut interdire les visites ponctuellement mais il est aussi important de conserver le lien social pour éviter le syndrome de glissement. »
En d’autres termes, éviter le Covid c’est primordial mais conserver aux résidents un lien avec l’extérieur aussi. Car sans visites, certains pourraient se laisser mourir.