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Départementales. Ceton : un boulevard pour Vincent Segouin et Anick Bruneau ?... |
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Les candidats ne se bousculent pas au portillon pour les départementales des 20 et 27 juin. © Jérôme Fouquet, Archives Ouest-France
En poste depuis 2015, les deux élus de droite partent en position de force pour le scrutin départemental de juin 2021. La question est même de savoir combien de binômes leur feront concurrence.
Ne le dites pas trop fort, mais Vincent Segouin et Anick Bruneau ont de grandes chances d’être réélus conseillers départementaux de l’Orne le 20 juin 2021. C’est sans doute un brin présomptueux de l’écrire ainsi, d’autant que les intéressés n’ont toujours pas rendu publique leur décision, mais on a beau regarder à gauche et à droite ou plutôt l’extrême droite, et on ne voit toujours rien venir…
Ce qui ne veut pas dire que d’autres candidats ne viendront pas challenger le binôme sortant, mais l’élu Les Républicains Vincent Segouin – par ailleurs sénateur depuis juillet 2018 – et sa collègue divers droite Anick Bruneau (élue à Saint-Germain-de-la-Coudre de 1989 à 2008) partent avec une avance digne de la ligne droite de Longchamp.
Pas de duel fratricide à droite
D’autant que cette fois il n’y aura pas de duel fratricide à droite comme ce fut le cas en 2015. À l’époque, le nouveau territoire était né de la fusion du canton de Bellême, représenté par Jean-François de Caffarelli, avec celui du Theil-sur-Huisne jusqu’alors « détenu » par Gilles de Courson. Ce dernier avait adoubé Vincent Segouin (alors maire de Bellême) face à de Caffarelli, ce qui avait donné au final une confortable avance au nouveau venu.
En 2021, Jean-François de Caffarelli, 66 ans, va sagement passer son tour : « Élu local pendant vingt ans – dont quinze à la tête d’une communauté de communes et onze au Département – je pense avoir fait mon devoir », sourit l’ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA).
Nouveaux venus au RN ?
Sur ces terres où la gauche n’avait présenté personne il y a six ans, l’adversité pour Vincent Segouin, 49 ans, et Anick Bruneau, 68 ans, viendra essentiellement du Rassemblement national… à condition que le parti de Marine Le Pen présente des candidats. Car le binôme frontiste 2015 a jeté l’éponge pour 2021 : « la politique est une tromperie généralisée, une mascarade », lance Frédéric Ruby qui avait recueilli plus de 1 500 suffrages. Sa collègue Mireille Gohier avait apprécié faire campagne en 2015. « On m’a sollicitée cette année mais je n’ai pas donné suite », indique-t-elle. Le RN doit donc trouver d’autres visages, c’est le souhait de Romain Barelle, chargé de piloter ce scrutin en dépit de la fronde interne qui agite le RN ornais.
Négociations au PS
On se tourne alors vers La République en marche, sans grand succès. Et la gauche dans ce tour d’horizon ? Le PCF et la France insoumise n’ont pas de candidat. Rien non plus du côté d’EELV, sur une terre qui reste encore à déficher pour les écologistes. Le PS reste étonnamment silencieux. « On est juste encore en négociations, assure Michel Offret, l’historique grognard socialiste du PS Perche Sud. On ne va quand même pas rester les bras croisés en laissant le FN et la droite réactionnaire s’expliquer entre eux...»
Alors, pour que l’exercice démocratique ne soit pas qu’une vue de l’esprit, on en vient à espérer qu’une ou deux candidatures surgissent dans la dernière ligne droite. Mais surtout ne le dites pas trop fort.
Mars 2015. Premier tour : Segouin (UMP) / Bruneau (DVD) 38,39 % ; de Caffarelli (DVD) / Thiéblin (DVD) 31,17 % ; Ruby (FN) / Gohier (FN) 30,44 %. Second tour : Segouin/Bruneau 42,19 % ; de Caffarelli/Thiéblin 29,20 % ; Ruby/Gohier 28,60 %.