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Départementales. L’Aigle : Van-Hoorne repart, Renard temporise... |
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Depuis 2015, Charlène Renard et Philippe Van-Hoorne (ici en 2018) sont les conseillers départementaux du canton de L’Aigle. © Archives Ouest-France
Conseiller départemental sortant, le maire de L’Aigle est candidat pour un nouveau mandat lors des élections des 20 et 27 juin 2021. Son binôme Charlène Renard (Les Républicains) fait durer le suspense. Le RN sera sur la ligne de départ, de même qu’une alliance PS-Les Verts. En revanche, il n’y aura pas de candidat centriste ni LREM. Pas davantage de France Insoumise ni de communiste.
Dans l’esprit de Philippe Van-Hoorne, le scrutin des 20 et 27 juin 2021 semble encore plus loin que ne l’indique le calendrier. L’agenda du conseiller départemental (divers droite) élu en 2015 est surtout occupé par la lutte contre le Covid-19. Car depuis 2017, Philippe Van-Hoorne, 67 ans, est également le maire de L’Aigle et à ce titre il préside le conseil d’administration du centre hospitalier, établissement sous tension du fait de la crise sanitaire. « Et je passe beaucoup de temps sur les modalités du plan de relance économique », ajoute celui qui préside l’association des maires de l’Orne.
Mais il ne fait pas grand mystère de son intention de se représenter. « Je suis un homme de projets, plusieurs dossiers me donnent envie de poursuivre ce qui a été commencé : le développement de la fibre optique, la rénovation du collège Molière et bientôt un nouvel Ehpad à construire au sein de l’hôpital. »
L’édile pense « y avoir encore un rôle à jouer, d’autant que la fonction de conseiller départemental est complémentaire de celle de maire. Je me sens bien au sein du Département, instance au rôle décisif dans l’aménagement du territoire. »
Charlène Renard s’interroge
Reste à savoir avec qui l’ancien directeur général de l’entreprise Frénéhard et Michaux fera équipe. Novice en politique en 2015, Philippe Van-Hoorne faisait partie d’un binôme alors tracté par Charlène Renard. Six années plus tard, la donne semble avoir changé, et l’élue Les Républicains de 33 ans s’interroge même sur son envie de prolonger son bail.
Celle qui, professionnellement, est assistante parlementaire du sénateur LR Vincent Segouin estime qu’il est trop tôt pour se prononcer. « J’informerai les habitants du canton de L’Aigle le moment venu », nous a-t-elle indiqué, deux mois avant le premier tour. Adepte de la course à pied, la trentenaire sait que ses mandats (au Département et à la mairie) la dispensent d’un sprint de dernière minute.
L’option Véronique Louwagie
Mais en repoussant le moment de son choix, elle ne rendrait pas service à sa famille politique si d’aventure elle décidait de ne pas repartir. Sauf si le binôme féminin de Van-Hoorne était déjà bien référencé sur l’échiquier. Scénario qui renvoie vers Véronique Louwagie… L’ancienne maire de L’Aigle (2014-2017) connaît les arcanes du Département où elle a représenté l’ancien canton L’Aigle-ouest (2011-2014) et elle est en phase avec la majorité départementale. Mais Véronique Louwagie préfère, elle aussi, prendre son temps, soulignant « qu’à ce stade [du calendrier] les seuls à pouvoir s’exprimer » sont les deux conseillers départementaux en poste.
Les parlementaires ne pouvant plus exercer qu’un seul mandat local, en cas de succès aux Départementales, la députée (depuis 2012) serait obligée de quitter le conseil municipal et la communauté de communes par ricochet.
Le RN repart au front
Comme en 2015, le Front national – désormais RN – sera présent. D’ailleurs, au même titre que Rai, Tourouvre ou Argentan 2, L’Aigle fait même partie des cantons « où il peut se passer quelque chose », indique Romain Barelle, le responsable en charge de la désignation des candidatures pour l’Orne.

Gérard Latinier sera l’un des candidats du RN pour le canton de L’Aigle. DR
Celle de Gérard Latinier sera prochainement officialisée : tête de liste aux municipales de 2020 (11,09 %), le sexagénaire siège au sein de la minorité aiglonne, et il a déjà l’expérience des départementales, ayant obtenu 21 % des voix à Vimoutiers en 2015.
À gauche, alliance PS et Verts
Les tractations entre le Parti socialiste et le pôle écologique (EELV, Cap 21, Génération. s) ont abouti, lundi 19 avril, à un accord. « C’était la seule condition pour espérer pouvoir exister face à la droite et au RN », indique Jean-Guy Grandin, secrétaire de la section locale du PS. Un encarté PS, un encarté pôle écologique et deux membres de la société civile composeront ce quatuor dont les noms seront dévoilés ce week-end.
Candidat titulaire il y a six ans, Serge Delavallée sera suppléant cette fois. « Je suis sur la scène politique depuis 1995 et j’ai bientôt 68 ans, indique le socialiste. Lors des municipales de l’an dernier, j’avais dit que ce serait mon dernier mandat. Après 70 ans on ne devrait plus être en capacité d’avoir un mandat décisionnel. »

L’écologiste Pierre Ristic sera probablement le candidat du ticket PS-EELV dans le canton de L’AIgle. Archives Ouest-France
Ça tombe bien, Pierre Ristic n’a pas encore 50 ans… Le conseiller fédéral EELV ne souhaite pas confirmer, mais il est fortement pressenti pour être le versant masculin du binôme écolo-socialo, il se dit « bien motivé » pour la campagne qui s’annonce. Le mot de la fin revient à Serge Delavallée, « déçue que la gauche ne soit pas fichue de s’entendre, c’est laisser la porte ouverte au FN… »
Pas de France insoumise
Pour les départementales, la France insoumise et les communistes de l’Orne ont signé un accord de partenariat. Des candidats sont prévus dans une dizaine de cantons (dont Mortagne, Alençon, Damigny, Argentan, Flers, La Ferté-Macé), mais rien en ce qui concerne L’Aigle.
Le centre prend la tangente
Le MoDem ne sera pas sur la ligne de départ, pas davantage que LREM, l’autre (et principal) parti de la majorité présidentielle. En 2015, le centriste Jean Sellier (conseiller général L’Aigle-est 2008-2015) s’était lancé dans la bataille. Pas cette fois. Le maire de Saint-Sulpice préfère se concentrer sur les projets de la communauté de communes, qu’il préside depuis 1995.

Candidats centristes en 2015, Jean Sellier et Armelle Sébire ne le seront pas en 2021. Ouest-France
Il aurait davantage été tenté par les élections régionales, « d’autant qu’à la CDC nous travaillons en bonne intelligence avec la Région ». Mais le vétérinaire de 65 ans (retraité fin 2021) admet que dans l’Orne le MoDem n’a pas la capacité à monter une liste en vue du scrutin régional. Raison pour laquelle il invite d’abord « celles et ceux qui ont une sensibilité centriste » à venir le rejoindre, lui qui est le nouveau référent départemental du parti de François Bayrou.
Mars 2015. Premier tour : Renard/Van-Hoorne (Union de la droite) 29,71 % ; Mahé/Mautin (FN) 26,81 % ; Bouchaud/Delavallée (Div. G) 23,75 % ; Sellier (MoDem)/Sébire (SE) 19,73 %. Deuxième tour : binôme Renard/Van-Hoorne 64,38 % élu ; Mautin/Mahé 35,62 %.