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ENTRETIEN. Joséphine Japy réalisatrice de « Qui brille au combat » revient sur son parcours

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photo  josephine japy au festival cinéroman de nice en septembre 2025. (photo by valery hache / afp)  ©  afp 1

Josephine Japy au festival Cinéroman de Nice en septembre 2025. (Photo by Valery HACHE / AFP) © AFP

Alors que sort son premier long-métrage comme réalisatrice ce mercredi 31 décembre, l’héroïne de « Cloclo »et « Mon inconnue » revient sur son parcours commencé à l’âge de 10 ans.

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Elle s’est fait un nom et une place comme comédienne et là voilà réalisatrice. Son film « Qui brille au combat » est une réussite par sa capacité à transcender l’histoire des siens pour construire un récit qui ne confond jamais sensibilité et sensiblerie. Pour nous elle revient sur son parcours et la façon dont elle aborde désormais son travail.

Quel souvenir gardez-vous de votre premier tournage, Les Âmes grises d’Yves Angelo, à l’âge de 10 ans ?

Je crois qu’on commence à comprendre que ce qu’on fait a de la valeur à travers le regard de ses parents et de ses grands-parents. Et quand on se retrouve à tourner avec quelqu’un comme Jean-Pierre Marielle ou Jacques Villeret, forcément ce regard-là change… Je n’oublierai jamais l’attention que Jean-Pierre a portée à l’enfant que j’étais. On tournait à Nancy, dans un froid glacial. On m’avait glissé des chaufferettes partout sous mon costume pour que je puisse tenir. Je me souviens de Jean-Pierre, frigorifié lui aussi, en train de râler qu’il avait les pieds glacés. Je lui avais dit : « Jean-Pierre, laisse-moi faire, je vais te mettre des chaufferettes ! » Ce que j’avais fait et il s’en amusait. Il disait : « Elle est formidable, elle sait tout faire ! » Je pense que j’avais avec lui un rapport unique. Et le dernier jour, quand je suis partie, il m’a laissé un petit mot avec écrit : « À Joséphine, en attendant que ce soit elle qui me signe un autographe. »

Est-ce qu’il était alors évident que vous continueriez dans cette voie ?

Je n’avais pas du tout conscience que c’était le début de quelque chose. Je me disais juste : « Profite car ce sera peut-être ton premier et ton dernier tournage. » C’était magique. Grâce à mon père, je regardais depuis toute petite beaucoup de films et j’adorais ça. Mais sans penser à plus, sans aucun but. Et ça m’a donné une innocence précieuse, que j’ai voulu garder le plus longtemps possible.

D’ailleurs, pendant quatre ans, vous n’allez rien tourner avant qu’on vous retrouve dans Neuilly-sa-mère et deux ans plus tard sous la direction de Dominik Moll, le futur réalisateur de La Nuit du 12, dans Le Moine. Qu’avez-vous appris de lui ?

Dominik s’est battu pour moi car je suis sans doute alors trop jeune pour le rôle. Le tout très élégamment sans que je le sache. Et, sur le plateau, je me suis tout de suite senti enveloppé par cet immense bonhomme. Un géant doux qu’on pourrait croire échappé d’un film de Miyazaki ! Au premier regard, son visage pouvait impressionner. Puis il souriait et tout changeait. Je me suis sentie adoptée artistiquement par lui. Il m’a d’ailleurs dit une phrase qui m’est toujours restée en tête : « Dans ce métier, il faut se construire sa chapelle. Une pièce mentale où on accroche ses rencontres, ses inspirations, ce qu’on veut devenir. Sinon, on peut vite se perdre ». Sur le moment, je n’ai pas forcément mesuré ce que ça voulait dire mais aujourd’hui, elle me sert encore de guide.

Mais là encore vous n’allez pas enchaîner…

Non car je ne voulais pas que le cinéma prenne toute la place. Je voulais continuer mes études, avoir une adolescence normale.

Et puis arrive Cloclo où vous allez incarner France Gall…

Pourtant, sur le papier, je n’avais aucune chance. Je suis grande et brune, elle petite et blonde… Je vais au casting dans cet état d’esprit. Un casting gigantesque si bien que je ne peux même pas passer le jour où je suis convoquée. Et quand je suis prise, je mesure tout de suite le travail colossal devant moi. D’autant plus que très vite, Florent Emilio Siri me prévient que France Gall n’approuve pas le film et refuse de céder les droits de ses chansons car tout cela est pour elle d’une violence que je ne mesurais pas. Je devais donc les chanter moi-même. Ce qui change la donne. On me rajoute des cours de chant pour réenregistrer ses premières chansons, dont l’Eurovision. Encore aujourd’hui, ça reste mon joker au karaoké ! (rires) Et puis, plusieurs mois après la sortie du film, je rencontre Raphaël, le fils de France par hasard. Je suis tétanisée. Et là il s’avance et me dit : « Je ne sais pas si je dois t’appeler maman mais merci de l’avoir interprétée comme ça  ! » Ça a été un tel soulagement pour moi.

À quel moment prenez-vous conscience que jouer sera votre métier ?

Très tard. Au moment où mes études de sciences politiques se terminent. Là, c’est très clair que je ne vais rien faire d’autre de ma vie. Mais alors que la majorité des acteurs vivent cette bascule à 18 ans, je n’ai pas eu, au fond, moi, de grande décision spectaculaire à prendre. Le cinéma était déjà là depuis des années, en pointillé, mais présent. J’ai juste réalisé, un jour : « Voilà. C’est mon métier maintenant. » Et à partir de là, beaucoup de choses ont changé : ma façon de travailler, ma manière de regarder les rôles, ma relation au public, mon rapport à moi. Parce qu’il y a une différence énorme entre vivre un art et travailler un art. Je vivais l’art pendant des années. Puis j’ai compris qu’il fallait que je commence à le construire, le façonner, le maîtriser. Si je voulais faire ce métier longtemps, il fallait entrer dans cet effort-là. Et j’ai eu du mal au début, parce que j’avais l’impression de perdre la pureté, la spontanéité.

C’est Hugo Gélin qui va vous offrir votre premier rôle de jeune femme en 2019 dans Mon inconnue…

Hugo, c’est tout à la fois une rencontre amicale et une rencontre artistique avec le cinéma qu’il fait et que j’aime. Un cinéma accessible, ambitieux, exigeant. C’est aussi le premier à me placer au milieu d’un vrai groupe de jeunes acteurs de mon âge ou à peine plus âgés : François Civil, Benjamin Lavernhe. À ce moment-là précisément, je sors de mes études, et je rentre vraiment dans ma vie professionnelle. Et le film accompagne, vous avez raison, cette bascule-là. C’est la première fois que quelqu’un projette en moi non pas « l’enfant » que j’avais été, mais la jeune femme que je suis en train de devenir. En fait, ce film m’a alignée avec ma génération et ce que je voulais devenir.

Tout cela ne pouvait que vous conduire à la réalisation, non ?

Cette envie remonte à des années. Plus ou moins consciemment. J’ai mis longtemps à me l’avouer car je n’avais pas vraiment de modèle pour me dire que tout cela était possible. Et puis j’ai eu la chance que Mélanie Laurent m’engage sur Respire. Une expérience incroyable comme actrice mais aussi l’occasion de voir, en observant Mélanie, qu’une comédienne pouvait passer derrière la caméra et tout maîtriser à 1 000 %. Ça a constitué le premier déclic. Après, il fallait trouver une histoire. Et ça a pris forcément du temps. Jusqu’au jour où, après 22 ans d’ignorance et de tâtonnements, le diagnostic de ma sœur Bertille a pu être établi : le syndrome de Phelan-McDermid. Dès lors l’idée de ce film sur une jeune femme atteinte de ce syndrome et l’impact sur les membres de sa famille s’est imposée à moi. Sans évidemment que ce soit un film à message. Je ne me vois pas donner de leçon à qui que ce soit. Ce film part de ce que ma famille et moi vivons mais pour aller ailleurs. Et le fait qu’on ait débuté le tournage, pile, dix ans jour pour jour après celui de Respire a été pour moi le plus beau des symboles.

Qui brille au combat de Joséphine Japy. Avec Mélanie Laurent, Sarah Pachoud, Angelina Woreth… Durée : 1 h 40

 
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Thierry CHEZE    Ouest-France  

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