|
Extraction de Mohamed Amra de sa prison pour une audition : la procureure défend le choix des juges... |
1
La procureure de Paris Laure Beccuau, dans son bureau, au tribunal judiciaire de Paris, le 5Â avril 2024. © Marc Ollivier/Ouest-France
L’annonce de la future extraction du narcotrafiquant Mohamed Amra de sa cellule d’isolement de la prison d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), pour être entendu par les juges d’instruction à Paris, a provoqué la colère des syndicats pénitentiaires et du ministre de l’Intérieur. La procureure de Paris, Laure Beccuau, défend ce choix.
« Ils veulent désormais que le dossier avance vite », justifie la procureure de Paris, Laure Beccuau. Vendredi 6 juin 2025, elle défendait sur les chaînes RMC/BFMTV le choix des juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco) d’extraire Mohamed Amra du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), d’ici la semaine prochaine, pour être entendu par la justice. Une annonce qui a provoqué l’ire du personnel pénitentiaire en début de semaine. C’est en effet lors d’une précédente extraction du narcotrafiquant que deux agents pénitentiaires avaient été tués, le 14 mai 2024, au péage d’Incarville.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a lui aussi réagi, soutenant la colère des surveillants. L’audition de Mohamed Amra aurait pu se faire en visioconférence. Les juges auraient également pu venir à la prison d’Alençon-Condé-sur-Sarthe. Des craintes que la procureure dit « comprendre », sans pour autant dédire la décision d’extraire le détenu placé à l’isolement.
Lire aussi : Un an après, retour sur la meurtrière évasion de Mohamed Amra au péage d’Incarville
« Je ne connais pas les conditions d’audition à la prison de Condé-sur-Sarthe »
« Ça sera la première audition de Mohamed Amra. On va peut-être lui opposer des pièces de procédure, des scellés. Il faut qu’il soit enregistré », a-t-elle expliqué. Selon elle, il n’est pas imaginable que trois magistrats instructeurs se déplacent dans l’Orne avec l’intégralité des scellés. « Et puis il faut aussi des conditions d’audition sur un interrogatoire qui va durer longtemps », argue-t-elle.
Mohamed Amra pourrait être, plus tard au cours de l’instruction, confronté à d’autres suspects. Une quarantaine de personnes sont actuellement mises en examen dans ce dossier. Selon la procureure, il pourrait alors être extrait à nouveau. « Il y aura Mohamed Amra et les autres suspects, leurs avocats, les escortes, les trois juges d’instruction, les greffiers et une caméra qui doit filmer tout le monde », a-t-elle décrit. « Je ne connais pas les conditions d’audition à la prison de Condé-sur-Sarthe, mais je doute qu’il y ait une pièce qui soit faite à cet effet. »
Le détenu devrait être escorté par le GIGN, unité d’élite de la gendarmerie, lors de l’extraction.