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Fin du projet de la maison pour adultes autistes dans l’Orne : la réponse des élus surprend les parents... |
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Claire Launay, responsable de l’antenne de l’Orne d’Autisme Basse-Normandie et Christine Mottin, qui aurait pu devenir la coordinatrice de la maison de Moncy. © Archives Ouest-France
Imaginé par des familles et une entreprise spécialisée, le projet de maison pour adultes autistes à Moncy (Orne) est abandonné. Faute de financements publics. Les raisons évoquées par les élus du département pour expliquer cet abandon n’ont pas convaincu les parents.
Le 10 décembre 2025, Ouest-France annonçait l’abandon d’un projet de maison en habitat partagé pour six adultes  autistes sévèresÂ
, dans l’Orne, à Moncy, village du bocage entre Flers et Vire. Un projet d’habitat inclusif porté par l’association Autisme Basse-Normandie.
« Besoin d’une surveillance constante »
Dans cet article, le département de l’Orne et le député et conseiller départemental LR Jérôme Nury exposaient leur position. Ils n’ont pas convaincu les parents.
 Quelle surprise de lire la justification de M. Nury, conseiller départemental et président de la Commission de l’aménagement du territoire, de la prospective, du tourisme, du numérique et de l’agriculture, concernant la position du conseil départemental sur ce projet ! Merci à lui de souligner que les besoins pour les familles sont immenses,
écrit Autisme Basse-Normandie. Mais passé ce constat, que penser du niveau de Prestation de compensation du handicap (PCH) attribué à la plupart de ces six jeunes : entre deux et cinq heures, alors que les aidants sont ou vont se retrouver dans un futur proche sans autre solution que de rester à domicile en cessant toute activité professionnelle. C’est là ignorer les besoins spécifiques de ces jeunes qui ont besoin d’une surveillance constante et d’un soutien dans les tâches du quotidien !Â
« Des élus qui ne maîtrisent pas le sujet »
Autre question des parents :  Qu’en est-il de la volonté d’échanger avec notre association et le porteur de projet quand nous avons, à force d’acharnement, arraché deux temps de réunion pendant lesquels les élus de la commission des Affaires sociales, qui a notamment en charge le handicap, nous répondaient qu’ils ne maîtrisaient pas le sujet et qu’ils s’en remettaient donc à l’avis des services de la Maison départementale de l’autonomie (MDA) ! Si les élus avaient été un peu plus à notre écoute, ils auraient compris qu’il n’était pas question de demander 10 heures par jour et par jeune sans distinction mais, qu’au vu des profils de chacun et de leurs besoins d’aide, une compensation à un niveau plus élevé que celui proposé aux familles était justifiée !Â
« Aucun échange constructif »
Interrogation, aussi, sur les raisons de sécurité avancées par les élus pour expliquer leur refus de cette maison :  Il n’en a jamais été question auparavant et il est impossible de savoir sur quels aspects il repose. Aucun échange constructif permettant éventuellement la mise en lumière de freins concrets n’a pu être envisagé.Â
Et sur le financement, les parents contredisent Jérôme Nury : Que dire de l’argument selon lequel le partage d’une PCH individuelle n’est, à ce jour, pas encadré par la loi ? Nous renvoyons M. Nury à différentes parutions au Bulletin officiel de la santé, reprises par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Elles indiquent sans équivoque que les dispositions législatives et réglementaires relatives à la PCH ne font aucun obstacle quant à une mise en commun.Â