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Grève des pharmaciens : un rassemblement devant une officine réquisitionnée à Condé-sur-Sarthe... |
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Plus d’une soixantaine de pharmaciens et préparateurs de commandes se sont réunis devant la pharmacie réquisitionnée de Condé-sur-Sarthe ce jeudi 30 mai. © Ouest France
95 % des pharmacies de l’Orne ont rallié le mouvement de grève national, en restant fermées ce jeudi 30 mai 2024. Sur le territoire d’Alençon, la mobilisation a conduit plus d’une soixantaine de professionnels du secteur, à se rassembler devant la pharmacie, réquisitionnée, de Condé-sur-Sarthe.
95 % de grévistes dans l’Orne, comme dans le reste de l’hexagone : il faut remonter à 2014 pour retrouver une mobilisation d’une telle ampleur au sein des officines pharmaceutiques. Ce jeudi 30 mai, pharmaciens comme préparateurs de commandes avaient décidé de débrayer pour mettre en lumière le ras-le-bol qui s’installe dans leur profession. Sur le secteur d’Alençon (Orne), plus d’une soixantaine d’entre eux se sont rassemblés à Condé-sur-Sarthe, devant la seule officine réquisitionnée pour garantir la continuité des soins.
« Ils sont en train de casser le maillage territorial »
Parmi les revendications des pharmaciens : l’épineuse question de la pénurie des médicaments, la rémunération du personnel pharmaceutique… Mais aussi une inquiétude face à la fermeture progressive des officines un peu partout dans l’hexagone, et notamment dans les territoires ruraux. « L’année dernière près de 300 pharmacies ont mis la clé sous la porte, soit près d’une par jour. Pour 2024, on risque d’atteindre les 400 fermetures », se désole Frédéric Leriche, président du syndicat des pharmaciens de l’Orne.
Lire aussi : Pourquoi près de 90 % des pharmaciens de l’Orne seront-ils en grève ce jeudi 30 mai ?
« Ils sont en train de casser le maillage territorial, on se dirige tout droit vers la création de déserts pharmaceutiques. » Les professionnels du secteur, qui devaient rencontrer dans l’après-midi le sénateur Horizons Olivier Bitz et la députée Les Républicains Véronique Louwagie, se disent également préoccupés par les débats qui auront lieu à la rentrée à l’Assemblée nationale sur une possible dérégulation du marché du médicament. Avec une crainte : le fait que des plateformes puissent un jour vendre en ligne des produits pharmaceutiques. « On a un des meilleurs systèmes en Europe, et on va le casser sous prétexte de dérégulation ».